Top 10 des meilleurs films de 2013 selon Baptiste Dupont.

This entry is part 23 of 23 in the series Les millésimes du cinéma

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Toutes mes excuses d’abord pour ce retard inexcusable de ma part : nous sommes déjà en mars, je voulais prendre mon temps pour bien écrire ce top (le temps passe aussi décidément trop vite). Et en parlant de temps : 2013, une année de grand cru pour le monde du septième art ; 2013 : une année, je dirai, meilleure que l’année précédente ; 2013 : une belle année de films surprises, de nouveaux films de cinéastes talentueux. Mon top ten de 2013 est évidement très différent de celui de mes confrères Guillaume et Thibault, mais comme on le sait, un film ne peut pas plaire à tout le monde ! La beauté d’un film est plus subjective même si on ne peut lui reconnaître d’indéniables qualités… Pour moi, le cinéma passe plus par des émotions pour le spectateur, je le répéterai haut et fort ! Je n’ai malheureusement pas pu tout mettre dedans, même si on a eu des très très bons films, j’ai dû restreindre mes choix (sans tricher cette fois !)

Allez, plus de blabla, voici donc mon top 10 de 2013 les enfants :

 

10) Gravity d’Alfonso Cuarón.

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Un choc cinématographique ! Pour le prix d’un ticket de cinéma, le cinéaste mexicain envoie le spectateur en première place pour un voyage sidérant dans l’espace, il en sort lessivé, dérangé et revient sur Terre en sortant de la salle. Je n’ai d’ailleurs, pas choisi la photo d’illustration par hasard : l’affiche montre bien la sensation de mise en abyme qui se crée avec l’écran de cinéma et ses alentours noirs qui donne une sensation presque à deux doigts de la réalité du vide de l’espace pour le spectateur. Cuarón n’a pas la main morte sur la durée de la surprise pour le spectateur : des plans-séquences se collent bout à bout pour augmenter encore plus ce réalisme incroyable. Même qu’on aime ou qu’on aime pas le film, on ne peut mentir sur le côté spectacle démentiel des effets spéciaux utilisés pour le film. Des questionnements sortent en plus du film : questionnement sur l’humanité, sur la métaphysique, sur la vie (Sandra Bullock avec ce magnifique plan où elle se courbe comme un enfant dans le ventre de sa mère « enfermée » par le hublot, belle métaphore, etc),… On peut même donc d’ailleurs plus parler d’une expérience que d’un simple et banal visionnage d’un film :  c’est carrément une claque purée ! Le cinéaste arrive à repenser les liens entre spectateurs et cinéma pour les inciter à venir. Une claque oui, et un film inoubliable…

 

9) Prisonners de Denis Villeneuve.

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Un thriller choc pour cette année 2013 ! La bande-annonce ne m’avait pas tant que cela donné envie de le voir, et j’ai donc eu une grande surprise en voyant le film ! Deux heures et trente-trois minutes de suspense terrifiant durant lequel aucun répit n’est accordé pour le spectateur. La paranoïa qui s’installe chez les parents et aussi chez l’inspecteur chargé de l’enquête (Jake Gyllenhaal mérite un Oscar pour son rôle de policier névrosé avec son travail du tic avec les yeux !) est vraiment intéressante cinématographiquement, ça ajoute de la tension à l’histoire en plus d’originalité, je trouve cela très audacieux de la part du réalisateur qui pour le coup, offre des véritables rôles de composition pour le casting. Pour le spectateur, ce film montre un doute permanent de l’identité de chaque personnage (« gentils » ou « méchants », le suspense perdure), ce qui accentue cette tension perpétuelle dans l’intrigue. Enfin bref, un thriller qui tient vraiment en haleine, les émotions ne peuvent que demander à s’exprimer chez le spectateur.

 

8) Room 237 de Rodney Ascher.

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Je suis un inconditionnel fan de Shining de Stanley Kubrick (1980) et j’aime aussi personnellement quand on prête débat sur les films, en l’occurrence ici à mon film d’horreur préféré dans ce documentaire qui regroupe plusieurs analyses subjectives de personnes du cinéma aussi passionnées de Shining. Certes, on peut être d’accord ou non sur les théories tantôt farfelues, tantôt surprenantes sur ce chef-d’œuvre : ce n’est pas sur ce jeu entre « j’y crois, c’est incroyable ! » et « c’est n’importe quoi ! » qui m’intéresse, c’est plus la fascination et la passion qu’engendrent ces fans pour en faire carrément un film tentant d’expliquer les coins et les recoins du puzzle cinématographique de Stanley Kubrick. C’est vraiment un film-débat où s’exprime diverses opinions pour faire orienter le spectateur (ou pas) vers une certaine vision du film. Et il y a quand même des explications de Shining qui peuvent laisser le spectateur assez dubitatif sur le travail réalisé par Stanley Kubrick… Enfin bref, un film de passion(és) sur un film passionnant, ça ne peut être que génial !

 

7) Django Unchained de Quentin Tarantino.

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Wouh !! Quentin Tarantino revient en force pour un nouveau film pire que déjanté ! Le cinéaste nous propose donc un western baignant dans la vision de l’esclavagisme des personnes noires avec donc Django, homme qui saura retrouver sa valeur d’humain à la fin du film. Ce qui était particulièrement savoureux, c’était les longues scènes de dialogues entre les différents personnages « à la Tarantino » et l’excellente performance de Christoph Waltz (Oscar amplement mérité, bravo !), sans oublier le boudé des Oscars Léonardo DiCaprio en Calvin Candy (la scène du repas final, inoubliable !). La scène finale apporte aussi son grain de folie et appuie sur l’esthétique du sang si chère à Tarantino. On peut également dire que le succès commercial était prévisible, car « ouais c’est du Tarantino, tout explose c’est marrant ! » mais bon, il y a quand même un très beau travail de recherche et d’hommages inclus que le cinéaste a incorporé dans son western, ça reste très correct ! Enfin bref, on a eu un début d’année 2013 en force, merci !

 

6) La Reine des Neiges de Chris Buck et Jennifer Lee.

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Disney revient en force après le décevant Planes (simple copier-coller de Cars de Pixar sans saveur) en utilisant tous ses ingrédients qui ont su faire les succès commerciaux et critiques d’avant (du bon vieux temps je dirais même !) : un conte européen, des belles princesses, des chansons entraînantes, une morale universelle et actuelle sur l’époque. Le tout donne le Disney de Noël 2013 : La Reine des Neiges, et on peut dire que ça envoie du lourd ! Elsa et Anna sont radieuses (parmi les plus belles princesses de Disney selon moi), les chansons sont bien disneyennes (à part deux ou trois en trop, mais bon, ça aurait pu être pire !), les personnages très attachants et rigolos. Pour ce qui est de la morale, cela va même plus loin que Raiponce : le prince charmant n’est pas celui qu’on croit et se trouve plus proche qu’on ne le pense. Donc on a eu droit à 102 minutes de féerie magique et même si cela ne vaut pas les anciens Disney (bien sûr !), on sait que les studios s’enfoncent dans les suites à deux balles ou les copier-coller des films des studios Pixar, donc on ne vas pas cracher sur ce beau conte repris d’Andersen, très bien adapté pour le cinéma et pour les enfants, merci !

 

5) The Grandmaster de Wong- Kar-Wai.

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J’ai reçu une belle claque de la part de Wong Kar-Wai en regardant The Grandmaster ! Et plus particulièrement au moment de la scène d’ouverture, magnifiquement orchestrée : le travail de la lumière est à tomber par terre, les plans sur les mouvements des combats sont extrêmement fluides et splendides, l’ajout de plans sur la pluie qui tombe renforce encore plus cette beauté de l’image, la chorégraphie des combats se fait au millimètre près : tout est là pour me faire rester bouche bée devant la scène (c’est la même chose pour celle du train, c’est très extraordinaire avec la neige aussi au lieu de la pluie : voir photogramme ci-dessus). Le cinéaste apporte en plus une belle mais triste histoire d’amour (à la In The Mood For Love, sorti en 2000 du même cinéaste), englobant le film dans une superbe sphère cinématographique. Je retiendrai donc une très belle façon de filmer et ultra maîtrisée de la part du cinéaste hongkongais (oui je sais, on le sait depuis longtemps, mais je l’honore de nouveau), on passe un bon moment devant ce grand film bien grandiose, merci !

 

4) Le Dernier Pub avant La Fin du Monde d’Edgar Wright.

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Et voilà, enfin la fin de la trilogie Cornetto entamée par Shaun of The Dead (2004) et Hot Fuzz (2007). Edgar Wright nous donne donc un film encore bien aussi déjanté : Le Dernier Pub avant La Fin du Monde, et franchement, quel régal !!!! Répliques cultes à la chaîne, performances des acteurs à se tordre de rire, histoire qui devient complètement décalée mais crédible, ça envoie du lourd ! Pas une seule minute d’ennui ne vienne s’immiscer dans le visionnage du film pour le spectateur tellement le rythme rapide est soutenu tout le long sans alourdir le récit. Une bonne comédie science-fiction à l’anglaise est parvenue à me faire aimer ma condition de spectateur, c’était plus que du bonheur de regarder ce long-métrage sur grand écran, un grand bravo et un grand merci au cinéaste qui a vraiment en plus une patte d’auteur personnelle (surtout par l’emploi particulier du montage, qui ajoute un sens comique irréprochable que je trouve remarquable !). J’en attends donc beaucoup de ce cinéaste, j’ai adoré son Scott Pilgrim (2010), vivement Ant-Man qui sortira en 2015…

 

3) Mud – Sur les Rives du Mississipi de Jeff Nichols.

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Jeff Nichols, un cinéaste à ne pas oublier. Après Take Shelter (2011), magnifique film sur la psychologie apeurée et onirique d’un personnage névrosé, le réalisateur américain inscrit au cinéma une adaptation personnelle au parfum envoûtant imitant les aventures de Tom Sawyer et d’Huckleberry Finn. On suit donc deux jeunes garçons qui viennent s’amuser quasiment tous les jours sur une île perdue du Mississippi, ils y rencontrent un jour Mud, un homme mystérieux qui leur demandent de réparer un  bateau échoué en hauteur sur un arbre à la suite d’une tempête. Ce qui est absolument fascinant, voir même hypnotisant (avec la coïncidence des flares présents notamment), ce sont les plans précisément cadrés sur les paysages (l’île, les arbres, l’eau, le soleil,…) donnant au film un côté naturaliste, retournant aux sources de l’humain, seul face à la nature dominante qu’il tente d’appréhender. Jeff Nichols ajoute en plus une intrigue sur la terre ferme et « dangereuse », donnant un côté sûrement plus crédible à l’histoire enivrante qui se passe déjà sur l’île. Les deux jeunes enfants vont donc s’accrocher au mode de vie de Mud, leur père spirituel et le cinéaste les accompagne d’une manière tellement belle cinématographiquement que ça devient limite plus que du cinéma : de la philosophie sur grand écran (Take Shelter demande aussi au spectateur une réflexion personnelle sur ce qu’il voit)… Un grand bravo et un très grand merci pour le bon moment !

 

2) Le Monde de Charlie de Stephen Chbosky.

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Début 2013, on a eu aussi une très belle surprise : Stephen Chbosky nous livre une adaptation de son propre livre intitulé Pas Racord. Et quelle adaptation, une vraie claque d’émotions et d’affects pour le spectateur, c’est plus qu’incroyable ! Emma Watson dévoile tout son talent d’actrice après en avoir terminé avec la saga Harry Potter, pareil pour Ezra Miller et Logan Lerman qui jouent très bien. On sort du film touché et ému par cette vision de l’adolescence troublée de Charlie, on n’est pas dans une vision pathétique du personnage en se larmoyant sur lui, non, on suit sa propre vision pour cerner le personnage, ce qui est une manière plutôt originale et rare au cinéma. Cela permet aussi une identification très très forte pour le spectateur car on a tous connaissance d’adolescents qui souffrent de tels problèmes comme Charlie (du moins, on peut comprendre la situation). C’est donc un personnage non pas original, mais la vision du cinéaste apportée sur est quant à elle méconnue et belle selon moi. On sent une certaine forme de poésie qui se dégage du film, le regard est posé et non brutal, un peu de douceur ne fait pas mal dans ce monde cinématographique dynamité (surtout par les blockbusters). Enfin bref, 102 minutes de vrai bon cinéma…

 

1) Il Était Temps de Richard Curtis.

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Le grand vainqueur de 2013 est une comédie anglaise romantique réalisé par le spécialiste du genre qu’est Richard Curtis (Love Actually en 2003, Good Morning England en 2009, scénariste de Quatre Mariages et Un Enterrement en 1994 et de Coup de Foudre à Notting Hill en 1999 entre autres…). Et quel film de fou ! Du rire, du fantastique, des larmes, de la joie, des instants précieux, de l’amour, de la tendresse, de la beauté, des acteurs talentueux,… Tout est quasiment parfaitement mixé « britishement » dans cette comédie fondante ! Ce que je préfère au cinéma, c’est l’amour, forcément le film va m’emporter dans un tourbillon de plaisir coupable dont je ne peux pas me détacher, et là ce film anglais m’a tellement touché droit au cœur que je l’ai trouvé parfait ! Il y aussi la fin avec un élément de l’intrigue qui est tellement émouvant qu’on ne peut pas succomber à l’émotion ressentie par le personnage principal. Peut être que l’idée fantastique du retour dans le temps et que la morale est déjà utilisée maintes et maintes fois, mais bon je lui pardonne absolument tout car c’est tellement fort et touchant que je ne peux pas abaisser ce point… La musique accompagne agréablement le film, les acteurs donnent une prestation très correcte (mention spéciale pour Bill Nighy, extraordinaire en père de famille !), le montage participe aussi à l’ambiance du film si agréable (appuyant en même temps le côté fantastique des retours dans le temps), les larmes coulent toutes seules à la fin… Oui cette année, ce saura un beau film émouvant qui ne se revendique pas comme tire-larmes pour autant, qui gagne une place au sommet mérité de mon top ten de 2013, vivement le 25 mars pour la sortie dvd !

 

Et bien voilà, j’en ai fini avec ce top où j’ai dû faire de grands choix cornéliens pour hisser à des places correctes certains films (sauf le premier, où c’était évidemment là qu’il devait figurer). Bien sûr, il y a eu tant d’autres films très beaux qui méritaient leurs places dans le top (Cloud Atlas de Lana et Andy Wachowski, Snowpiercer – Le Transperceneige de Bong Joon-ho, Rush de Ron Howard, Mama d’Andrés Muschietti, Gatsby Le Magnifique de Baz Luhrmann, The Place Beyond The Pines de Derek Cianfrance, Hannah Arendt de Magarethe von Trotta, etc) mais comme je le dis toujours, vaut mieux parler des plus beaux films avec son cœur, avec ses émotions fortes qu’on a pu ressentir devant le grand écran. J’ai donc choisi ces films dans lesquels je me sentais le plus impliqué.

 

 

 

 

A Propos de l'Auteur

Baptiste Dupont a publié 3 articles sur ce site.

Amateur de films au départ, passionné par la suite, le Baptiste aime beaucoup goûté à tout le plateau de variétés que peut offrir le septième art, mais le plateau doré reviens à Disney et à Pixar qui l'émerveille beaucoup. L'amour au cinéma ne lui est pas indifférent et l'amour qu'un cinéaste porte à faire son film encore moins. Le cinéma est avant tout pour lui émotions et sensibilité...


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