FEFFS 2013 – 2EME PARTIE DU COMPTE RENDU

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Cet article, rédigé en octobre mais jamais publié (il lui manquait juste des photos), vient d’être retrouvé dans la liste des brouillons. Le voici donc enfin.

Le FEFFS, ce n’est pas qu’une Compétition Internationale, c’est aussi des rétrospectives, des Midnight Movies, une soirée nanars ou encore des docus en veux-tu en voilà. Dans cette deuxième partie de notre dossier consacré au Sixième Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, nous revenons avec joie et allégresse sur tous ces films qui n’ont pas eu le droit de concourir pour l’Octopus d’Or… Ce qui est d’autant plus dommage qu’on aurait bien vu Lucky McKee remettre la récompense suprême au KING KONG de 1933 !

On a souvent dit pendant le festival que les films hors compétition étaient les meilleurs. A l’évidence, on ne parlait ni du Film d’Ouverture, WE ARE WHAT WE ARE de Jim Mickle, ni du Film de Clôture, MACHETE KILLS de Robert Rodriguez, tant ils sont peu recommandables (même pour ceux comme nous qui kiffent Mel Gibson).

WE ARE WHAT WE ARE est une relecture balourde du mexicain SOMOS LO QUE HAY. Le problème avec les films sur le fanatisme religieux, c’est qu’ils tombent vite dans la caricature grossière… Et c’est exactement ce à quoi doit s’attendre le spectateur avec ce nouveau film de Jim Mickle (SKATE LAND, MULBERRY STREET). D’un côté, le cinéaste ambitionne un film d’auteur esthétisant et intelligent, tandis que de l’autre, il succombe à la farce gore la plus maladroite et à des raccourcis narratifs plus que douteux . Le cul entre deux chaises 1h30 durant, le film se termine à la limite du nanar totalement involontaire. Le spectateur, lui, est embarrassé. Dommage…

machete kills

Machete Kills

Concernant MACHETE KILLS, de cette grosse feignasse de Robert Rodriguez, n’y allons pas par quatre chemins… C’est du Robert Rodriguez pur jus ! Comprendre par là une péloche totalement déséquilibrée, terriblement ennuyeuse et dont les saillies humoristiques font souvent preuve d’une beauferie détestable. Rodriguez a ce talent qui est celui de décevoir quasi systématiquement ses spectateurs en leur promettant monts et merveilles (l’excellente bande-annonce Grindhouse en ouverture; la présence de Mel Gibson en Bad Guy) pour au final leur offrir trois fois rien (la bande-annonce reste une promesse pour le prochain film qui sera sans doute aussi décevant que celui-ci; Mel Gibson ne se bat que dix secondes, comme Steven Seagal dans le premier volet). Il y a bien quelques trouvailles gores amusantes et des acteurs délurés, mais dans l’ensemble le tout reste à des encablures de ce que Rodriguez sait proposer lorsqu’il réalise des films de très courtes durées qui mettent en évidence tout son talent pour la mise en scène de petits condensés de fun. Autrement dit, au format long, ça coince toujours, et si le réalisateur de SIN CITY continue de jouer à la console pendant le tournage de ses films (véridique), ça n’est pas prêt de s’arrêter.

Alors, des bons films, où est-ce qu’on pouvait en trouver, dans ce festival ? Eh bien, dans la sélection des Crossovers, avec des choses aussi sympathiques que CHEAP THRILLS, GRACELAND, NOS HEROS SONT MORTS CE SOIR ou encore WRONG COPS !

CHEAP THRILLS, premier film du très malin E.L Katz, nous a été présenté par Travis Stevens, producteur du film et membre du jury du festival. Et il a de quoi être fier, parce que CHEAP THRILLS était définitivement l’un des meilleurs moments de cette édition 2013 du FEFFS.

cheap thrills

Cheap Thrills

Le film raconte les retrouvailles de deux potes de lycée dans un bar. Craig et Vince, qui ne se sont pas vus depuis une éternité, ont beau avoir des vies désormais bien différentes, ils sont tous les deux en galère et ont besoin d’argent… Ça tombe bien, puisqu’ils rencontrent Colin et Violet, un couple de millionnaires qui décide de passer du bon temps en invitant les deux amis et en leur proposant des défis de plus en plus insensés, et cela contre une rémunération toujours plus conséquente.

On voit bien sûr très vite où le film veut en venir et comment tout cela va se terminer, mais le plaisir de la découverte des défis (qui vont du challenge potache à la mutilation corporelle) et la très bonne gestion du huis-clos, font de ce film non pas un chef-d’œuvre (n‘exagérons pas), mais un petit classique instantané qui sera sûrement remaké par quelques producteurs avides d’argent facile dans une vingtaine d’années.

Sorte de tour de manège mené tambour battant, CHEAP THRILLS est un film au message néanmoins un peu simpliste sur l’état de la société contemporaine. Mais qu’importe, on s’amuse tant devant ce premier essai qu’on a qu’une envie, voir le suivant !

GRACELAND, de Ron Morales, est quant à lui un petit thriller philippin qui nous demande d’avoir le cœur bien accroché, puisqu’à l’écran se succèdent les pires atrocités (à tel point que ce fut peut-être le film le plus insoutenable du festival). Très cru et réaliste, le film, qui dépeint la misère sociale et la prostitution enfantine, va jusqu’à nous présenter des images d’enfants nus sur le point de se faire violer. L’impact de GRACELAND, qui par ailleurs évoque un peu le côté extrême d’ONLY GOD FORGIVES sans pour autant être esthétisant comme ce dernier, est immédiat. Un suspense très fort à ne pas mettre entre toutes les mains.

Sur un registre tout autre, NOS HEROS SONT MORTS CE SOIR est un premier film français ET un film original. Comme quoi.

nos héros sont morts ce soir

Nos héros sont morts ce soir

En racontant dans un noir et blanc à l’évidence très travaillé le destin de Victor, catcheur qui au début des années 60 ne supporte plus de jouer l’éternel adversaire au masque noir, et de son partenaire Simon, avec qui il va discrètement échanger les rôles, le long-métrage de l’abordable et ambitieux David Perrault redonne quelque peu foi en la production cinématographique hexagonale. Des films comme ça, certes imparfaits et pas toujours bien dosés, on aimerait en voir plus souvent, tant ils sont rafraîchissants et nous rappellent tout un pan de notre culture aujourd’hui oubliée.

NOS HEROS SONT MORTS CE SOIR est autant affilié à un registre à la RAGING BULL qu’à un univers cinématographique fantasmagorique qui fait se rencontrer un esprit comic book (avec ses vilains très vilains et défigurés) et une atmosphère onirique à la frontière de Franju et de Jodorowsky (surtout pour ce final que l’on pourrait aisément qualifier de métaphysique). On en redemande.

WRONG COPS est aussi le fruit du travail d’un cinéaste français, puisque l’on doit cette nouvelle réalisation totalement barrée à Quentin Dupieux, déjà à l’origine du meilleur film avec Eric et Ramzy (le très réussi STEAK), du tripant RUBBER (sur un pneu tueur), du déroutant NON-FILM (qui de toute évidence n‘est pas un film), ou encore de l’honnête mais un peu routinier WRONG. On craignait avec WRONG COPS, sorte de spin-off de son opus précédent, que Dupieux se soit définitivement mis en mode automatique… Et c’est un peu ce qui s‘est passé, puisqu’on a l’impression de revoir la même formule répétée film après film…

wrong cops

Wrong Cops

D’un autre côté, le réalisateur n’a pas à se forcer pour être génial, alors avec des acteurs aussi excellents que ceux que l’on peut retrouver dans WRONG COPS (Eric Judor, plus que les autres, propose un numéro d’anthologie), le film part forcément dans tous les sens et provoque l’euphorie la plus totale. D’une folie particulièrement communicative, le dernier Dupieux est ainsi probablement à ce jour son long-métrage le plus abouti. Le plus drôle, aussi.

Sélectionné dans la catégorie Crossovers, WRONG COPS était pourtant projeté en séance de minuit (une séance qui sentait bien l’alcool, par ailleurs), ce qui nous amène tout droit à la catégorie des Midnight Movies, ces films complètement tarés qui chaque soir ont faits les joies du FEFFS. On a vu BIG ASS SPIDER, TIKTIK et l’évènementiel V/H/S 2.

Avec un titre aussi prometteur que BIG ASS SPIDER, Mike Mendez, le réalisateur du pas bien folichon THE CONVENT, n’avait pas droit à l’erreur. Présenté par Travis Stevens, décidément producteur très en vogue au festival cette année, ce film de monstres à la structure on ne peut plus classique n’affiche que très peu d’ambitions… D’où l’impression de voir projeté sur grand écran un téléfilm Asylum (avec en prime des pixels gros comme un poing et des noirs plus que discutables).

Production nanardesque totalement assumée, BIG ASS SPIDER n’en est pas moins un honnête divertissement du samedi soir qui fait se succéder tous les clichés du genre avec une joie non dissimulée. Que plus est, Mendez parodie divers films de monstres tout en témoignant d’un véritable respect à leur égard (condition sine qua non au plaisir ressenti devant un film tel que celui-ci).

big ass spider

Big Ass Spider

Bien que le budget soit encore plus riquiqui qu’auparavant, Mike Mendez reste Mike Mendez et ne propose donc pas d’idées de mise en scène transcendantes, ce qui n’est pas bien grave puisqu’à côté le script de Gregory Gieras nous propose un personnage d’exterminateur d’insectes qui se prend pour une araignée ainsi qu’un sidekick mexicain qui pour une fois amuse vraiment la galerie. Comme on attendait pas spécialement grand-chose du film (à part voir des CGI moches et mettre son cerveau sur off pendant un peu plus d’une heure), on ressort forcément à peu près convaincu de la qualité de cette série Z. Et oui, c’était franchement mieux que MACHETE KILLS.

Pour autant, BIG ASS SPIDER n’était pas la production la plus tarée présentée au FEFFS, puisque le « blockbuster » philippin TIKTIK allait bien plus loin dans le domaine du what the fuck cinématographique.

Concrètement, ce film d’Erik Matti entièrement tourné sur fond vert (alors qu’il se passe en grande partie dans une maison tout à fait normale -allez comprendre), est terriblement mauvais. Mais voir sur grand écran cette comédie horrifique ou une bande d’hurluberlus se voit attaquer par des créatures qui rêvent de manger le fœtus d’une jeune demoiselle enceinte, a quelque chose d’exceptionnel car oui, sur Terre il y a des gens qui sont payés pour faire des films comme ça.

Très vite, on déconnecte son cerveau est on n’essaye plus de suivre l’histoire (totalement invraisemblable). Par contre, on reste estomaqués devant les gags gores, la mise en scène, le montage ou encore les effets visuels du film. Car oui, ce n’était pas une blague, tout est tourné sur fond vert, et même que quand la caméra fait des trop grands mouvements, on a l’impression que le film tourne à 16 images par secondes.

On dit souvent à propos de films hollywoodiens que les CGI ne sont pas parfaits. A propos d’AVATAR, des gens ont même dit que ça ressemblait à une cinématique PS2… Autant dire que ces gens n’ont pas vu TIKTIK qui, lui, présente vraiment des créatures qui nous viennent de la fameuse ère de la Nintendo64 et des débuts de la 3D. Effarant !

tiktik

Tik Tik – The Aswang Chronicles

Dans TIKTIK, les gags les plus gores se succèdent (dont un qui rappelle immanquablement SACRÉ  GRAAL), les personnages parlent très fort et répètent les enjeux toutes les trente secondes (ce qui nous perturbe plus qu’autre chose), et les idées de mise en scène de malade mental attestent du goût certain du réalisateur pour la drogue, comme le démontrent un combat uniquement au ralenti ou encore les splitscreens qui investissent l’écran toutes les deux minutes (mais attention, ce ne sont pas des splitscreens comme les autres, puisque c’est une seule et même image, sauf que le réalisateur la coupe en deux et zoome plus ou moins sur l’une des deux parties).

Bref, TIKTIK, qu’on n’aura sans doute jamais la chance de revoir au cinéma ou en DVD par chez nous, est un pur moment de délire. Si on couple cette expérience à celle de GRACELAND, on peut se dire que les philippins sont des barjos en puissance… Ce que sont un peu moins les gens qui ont mis en place la deuxième anthologie horrifique V/H/S.

Enfin, un peu moins barjos… Il ne faut pas avoir vu le segment SAFE HEAVEN de Gareth Evans (le déjà culte THE RAID) pour s’avancer sur ce terrain-là. En effet, des quatre courts-métrages que propose ce V/H/S 2, l’opus d’Evans (coréalisé avec Timo Tjahjanto) est le plus réussi et surtout le plus déglingué, son histoire de reportage sur une secte qui va bien sûr très vite tourner au cauchemar le plus total étant un sommet de terreur et probablement l’un des films les plus tétanisants jamais tournés. Beaucoup plus long que les segments de ses camarades Adam Wingard (PHASE 1, un found footage efficace mais pas révolutionnaire) Eduardo Sanchez et Gregg Hale (A RIDE IN THE PARK, un hilarant film fauché tourné du point de vue d’un zombie) ou encore Jason Eisener (SLUMBER PARTY ALIEN ABDUCTION, qui renvoie aux pires heures du found footage nawak et jamais flippant), SAFE HEAVEN est une démonstration de mise en scène et le plus grand film de cette cuvée 2013 du FEFFS. Dommage que V/H/S 2 soit globalement assez inégal, à tel point qu’il y a fort à parier que les cinéphiles vont user du menu chapitrage du DVD pour se rematter en boucle le film d’Evans, qui est par ailleurs à ce jour probablement la plus intelligente transposition de jeu vidéo sur grand écran.

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V/H/S 2

Il faut vraiment dire que la mise en scène de ce court est remarquable, que tous les évènements qui s’y déroulent sont trop incroyables pour être racontés, d’autant plus qu’ils semblent provenir tout droit des enfers. Comme Carpenter il y a quelques décennies, Evans a représenté au cinéma le mal absolu et va vous faire passer plusieurs nuits extrêmement tourmentées.

Terminons avec ce film en précisant que contrairement à ses petits camarades, Evans a réussi à masquer totalement son faible budget, ce qui n’est pas le moindre exploit de cette grande œuvre. Enfin bref, pour clairement vous le faire comprendre, sachez que SAFE HEAVEN est une des expériences les plus dingues que vous pourrez voir sur un grand écran… Maintenant, reste espérer que le passage au format DVD ne fera pas trop de mal à ce bijou, qui est aussi sans hésitation le meilleur film en found footage de l’histoire du cinéma.

Sans transition, passons aux quelques documentaires sélectionnés hors compétition pour cette sixième édition, avec au programme des films vus JOURNEY YO PLANET X mais aussi REWIND THIS!.

La projection du détonnant JOURNEY TO PLANET X de Myles Kane et Josh Koury fut accompagnée de celle de leur tout aussi récent court-métrage documentaire WE WILL LIVE AGAIN, une étude trop en surface de la société Cryonics Institute, spécialisée dans la cryoconservation.

Qu’on ne s’y trompe pas, le plat de résistante était bien JOURNEY TO PLANET X, making-of improbable de la réalisation d’un nanar tourné en amateur. Le film de Kane et Koury donne la patate précisément parce qu’il n’a jamais ce ton dédaigneux que d’autres réalisateurs auraient pu avoir sur un sujet similaire. L’épopée du tournage de PLANET X, film de SF que l’on peut par ailleurs découvrir sur le net, renvoie à la passion de tous les cinéphiles qui bricolent des petits courts-métrages amateurs dans leur coin. Une belle déclaration d’amour à tous ceux qui ont envie de tourner (car le plus important, c‘est encore de tourner), qu’ils aient du talent ou non, et rien que ça, ça réchauffe nos petits cœurs amoureux du Septième Art.

REWIND THIS!, de Josh Johnson, évoque, lui, un autre sujet cher aux cinéphiles qui ont entre vingt et quarante ans aujourd’hui, c’est-à-dire la VHS. De l’arrivée de la vidéo à des prix exorbitants aux dernières heures du support il y a maintenant une dizaine d‘années, ce docu qui s’étire un peu trop mais qui rend terriblement nostalgique traite le sujet de fond en comble. Anecdotes croustillantes, portraits de collectionneurs chevronnés et historique des vidéoclubs et du cinéma porno sur support vidéo… Rien ne manque à REWIND THIS!, qui donne envie de rebrancher son magneto (s’il marche encore).

kingkong

King Kong

Dans la catégorie Rétrospectives du FEFFS, on retrouvait cette année une compilation de films de singes réunis sous le nom de « Monkey Business ». Au programme, les incontournables KING KING, mais aussi MIGHTY JOE YOUNG ou des films plus improbables comme KONGA. Une douzaine de films présentés en 35 mm, pour le plus grand plaisir des puristes.

Passons rapidement sur le KING KONG de 1933, toujours le meilleur et un véritable enchantement à redécouvrir sur grand écran, pour nous intéresser aux films qui ont suivis, les moins mémorables opus signés John Guillermin. KING KONG 1976 renie totalement la mythologie installée par le film d’origine et remplace les dinos par des pétroliers qui ont effectivement coûtés un max au studio. Manque de pot, on voulait retrouver la féerie de la jungle surannée de KING KONG 1933, et au lieu de ça on découvre un Kong pervers et machiavélique qui, une fois arrivé à New York, ne semble pas tellement perdu. Un comble.

Guillermin est aussi à l’origine de KING KONG LIVES, suite improbable sortie en 1986 et qui surfe sur le succès des AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE tout en visant un public bien plus jeune que précédemment. Kong, ramené à la vie par des scientifiques un peu cons (et anti-charismatiques au possible), y tombe amoureux d’une gorille femelle. Le singe pervers devient un grand romantique. Le film retrouve l’innocence perdue en 76, mais tombe dans l’excès inverse avec une niaiserie qui culmine dans des scènes de ménage nanardesques en diable entre le grand singe et sa copine. Heureusement que les effets spéciaux sont réussis.

En 2005, Peter Jackson réalise son rêve de gosse en mettant en scène un remake de KING KONG. Intelligent, le cinéaste retrouve en grande partie le charme de l’original. Contrairement au film de 76, le Jackson se déroule en 1933 et comprend parfaitement ce qu’il n’a pas le droit de modifier l’essence de ce récit devenu mythique. Si le film n’a pas le charme et l’importance historique de la version de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, il reproduit pourtant à merveille, et ce grâce à l’aide d’un budget démesuré et de trucages numériques époustouflants, l’atmosphère poétique étrange qui se dégageait déjà en 33 de la jungle de Skull Island.

L’atout le plus remarquable de ce remake formidable est par ailleurs la présence de personnages complexes et crédibles. Naomi Watts, tout en restant fidèle à la Ann Darrow d’origine, développe ainsi un véritable portrait de femme touchante et combative et surtout bien moins stéréotypée qu‘auparavant.

King Kong 2005 Real : Peter Jackson COLLECTION CHRISTOPHEL

King Kong (2005)

Le film dans son ensemble, qui raconte sensiblement la même chose que l’original et dure pourtant 1h30 de plus, fonctionne comme une extension du travail de Cooper et Schoedsack. En sus, le génial Peter Jackson nous propose des moments de bravoure absolument édifiants et des scènes de romance parmi les plus belles de la décennie passée. Un vrai remake, un beau remake.

Après un tel monument, il ne fallait pas trop faire la fine bouche pour apprécier KONGA, production signée John Lemont qui tentait en 1961 d’offrir au spectateur fantasticophile un thriller animalier spectaculaire. En résulte un long-métrage terriblement daté et un peu nanardesque sur les bords, avec en sus un final qui singe sans vergogne le KONG original. La sélection « Monkey Business » aura aussi permis aux strabourgeois de redécouvrir une pépite bien trop méconnue du maître George A. Romero. MONKEY SHINES est en effet un sommet d’effroi qu’on conseille à tous ceux qui ne l’auraient pas encore vu.

C’était donc bel et bien hors de la compétition officielle que l’on retrouvait les films les plus intéressants au FEFFS cette année. Nous remercions d’ailleurs toute l’organisation pour ce festival dans l’ensemble réjouissant et nous vous donnons rendez-vous prochainement pour une critique du décevant ALL CHEERLEADERS DIE de McKee (critique à venir lors de sa sortie chez nous) et pour le compte-rendu de l’édition 2014 du festival !

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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