Les meilleurs films d’animation Disney selon Guillaume Tixier

la petite sirene 1

Essayer d’établir ce petit classement à l’occasion de la sortie de LA REINE DES NEIGES et de l’arrivée des fêtes de fin d’année n’a pas été aussi facile que prévu. Déjà, nous avons décidé -peut-être à tort nous direz-vous- de ne pas faire l’impasse sur les productions Pixar ou sur les productions de filiales du groupe Disney. Ensuite, nous avons vite constaté que l’histoire des studios Disney est marquée par de très nombreuses réussites artistiques qu’il est donc forcément difficile de départager. Chacun des trois rédacteurs à s’être essayé à cet exercice a donc fait des choix très personnels, et je vous propose ainsi ici-même ma sélection, agrémentée de petits commentaires pour respecter la tradition des Millésimes Bamboin.

blanche neige1. BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS (David Hand, 1937)

BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS est premier de ce top pour plusieurs raisons. Bien sûr, premièrement parce qu’il est le premier long-métrage d’animation Disney et qu’il est un film qui a changé le cinéma à jamais. Imaginez aujourd’hui si BLANCHE-NEIGE s’était planté au box-office… En plus de ruiner Walt Disney, le cinéma n’aurait sans doute jamais été celui qu’il est aujourd’hui. BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS est l’une des oeuvres les plus influentes du siècle passé, tant l’esthétique Disney a contaminé une grande partie de la culture mondiale et a révélé à de nombreux jeunes cinéastes leur vocation. En plus de cela, il faut remarquer que le film n’a absolument pas vieilli, et que sa position de chef-d’oeuvre absolu des studios Disney se vérifie à chaque visionnage. Revu récemment en Blu-Ray, le film m’a estomaqué du début à la fin tant sa capacité d’émerveillement est aujourd’hui inchangée, tant ses couleurs et la finesse de son trait sont inspirantes, tant il est flagrant que la qualité de son animation est supérieure encore aux productions du studio dans les années 90… Bref, à ce jour encore, et surement pour les siècles à venir, BLANCHE-NEIGE est un monument indétrônable dans le domaine de l’animation. Que le premier long-métrage signé de cette technique en soit encore le meilleure presque 80 ans plus tard est juste absolument admirable. Nous sommes petits à côté de ce chef-d’oeuvre.

wall-e2. WALL-E (Andrew Stanton, 2008)

On considère généralement que les studios Disney ont connu deux Ages d’Or, l’un dans les années 30-40 et l’autre dans les années 90. Qui lira mon top 10 sera d’ailleurs peut-être surpris de ne voir qu’un film de la seconde période… C’est parce que selon moi il n’y a eu qu’un Age d’Or Disney, le deuxième étant plutôt celui des quinze premières années du studio Pixar. En effet, que sont LE BOSSU DE NOTRE DAME, LE ROI LION ou POCAHONTAS face à LA-HAUT, à MONSTRES & CIE et aux INDESTRUCTIBLES ? Probablement pas grand chose. Logique, donc, selon moi, que WALL-E soit en deuxième position de ce classement, puisqu’il me parait être le sommet de cette petite vingtaine d’années de cinéma d’animation en images de synthèses. WALL-E est un immense chef-d’oeuvre qui questionne notre rapport au cinéma numérique en plus de nous proposer un triste constat des années Bush et surtout de nous émouvoir tel Buster Keaton en son temps. WALL-E, c’est le meilleur du cinéma burlesque muet et le plus incroyable du cinéma hypertechnologique actuel. WALL-E, c’est un film à voir absolument sur très grand écran, et de préférence avec un paquet de mouchoir à portée de main, parce que vous pouvez être sûr que vous allez beaucoup pleurer. Merci monsieur Stanton.

la belle au bois dormant3. LA BELLE AU BOIS DORMANT (Clyde Geronimi et Eric Larson, 1959)

D’un point de vue strictement esthétique, LA BELLE AU BOIS DORMANT est sans doute la plus mémorable des productions Disney. En conception pendant une grande partie des années 50, le film est un projet titanesque en Technirama 70mm et dans le style des grandes tapisseries médiévales  En privilégiant les angles (autant pour les personnages que dans les décors) à la rondeur habituelle chez Disney, l’univers visuel -fastueux- de ce chef-d’oeuvre est immédiatement identifiable (et n’a encore aujourd’hui pas d’égal). C’est bien simple, on regarde les images de LA BELLE AU BOIS DORMANT comme on regarde des toiles de maîtres. C’est d’ailleurs essentiellement ce qui distingue le film des précédents contes adaptés par Walt Disney, tant l’intrigue est ici dénuée de surprises. Qu’importe, grâce à sa féerie et à sa grandeur plastique (ainsi qu’à sa grande méchante Maléfique et à sa bande-originale tirée du travail de Tchaïkovski sur le conte du même nom) le film de Clyde Geronimi, qui fut un échec retentissant lors de sa première sortie en salles, a aujourd’hui enfin trouvé son public.

la petite sirene4. LA PETITE SIRÈNE (John Musker et Ron Clements, 1989)

Si BASIL DÉTECTIVE PRIVE (aussi réalisé par Musker et Clements) était déjà une jolie réussite, c’est pourtant LA PETITE SIRÈNE qui est très généralement considéré comme le premier film du fameux renouveau des studios Disney dans les années 90. Un titre tellement mérité qu’il est en fait en réalité peut-être le meilleur film de toute ladite période. J’en entend déjà certains dire que LE ROI LION le surpasse (et sur ce point nous ne serions absolument pas d’accord), mais LA PETITE SIRÈNE est un film inoubliable tant les chansons d’Howard Ashman (décédé tragiquement quelques années après), les personnages tous plus attachants que les autres ou encore l’adaptation intelligente du conte ont pu marquer les esprits. A un moment où le studio accumulait les échecs à tel point qu’il hésitait à fermer ses portes, LA PETITE SIRÈNE a été l’occasion pour les artistes de Disney de montrer tout ce dont ils étaient capables. Certes, le film n’est pas parfait (Ariel change toujours de visage d’une scène à l’autre et c’est encore plus flagrant maintenant qu’on peut revoir le film en haute définition) mais il dégage une énergie phénoménale et reste à jamais gravé dans nos petites caboches. Le public ne s’y est pas trompé en lui réservant un triomphe, et ceci à la grande surprise des têtes pensantes du studio. A titre personnel, ce doit aussi être le Disney que j’ai le plus regardé quand j’étais enfant et, ô divine surprise, il m’a tout autant plu lors de la revoyure récente en Blu-Ray.

toy story 25. TOY STORY 2 (John Lasseter, 1999)

Ce troisième long-métrage d’animation des studios Pixar est longtemps resté mon favori. Accessoirement, il est aussi assurément l’une des meilleures suites de toute l’histoire du Cinéma… Un détail qui a son importance lorsque l’on connait le difficile parcours du combattant qu’à eu à traverser John Lasseter pour amener son film jusqu’à nous. En effet, en 1995, après le succès surprise du premier TOY STORY, Disney décide d’en produire une suite à moindre coût pour la sortir directement en vidéo. Etant donné sa position, Pixar ne peut pas vraiment refuser et se lance dans l’aventure avec une équipe réduite qui travaille en parallèle de la production de 1001 PATTES, projet qui occupe l’équipe principale. Déjà conscient de cet effroyable gâchis mercantile que constitue la réalisation de suites faites à l’arrache pour le marché de la VHS, John Lasseter vit une période difficile au sein du studio et ses relations avec Disney ne sont pas des plus simples. A la fin de l’année 1997, Disney décide par ailleurs finalement de sortir le film au cinéma… Mais dans son montage prévu pour la vidéo. Autant dire que c’est une catastrophe. A un an de la sortie du film, John Lasseter regarde tout le travail accompli et n’accepte pas de sortir ce film au cinéma. Il décide alors de tout reprendre à zéro. Du moment que le film est prêt pour novembre 1999, Disney laisse Pixar faire comme bon lui chante. L’équipe qui a terminé 1001 PATTES rejoint alors la deuxième équipe et tous travaillent à l’élaboration d’un tout nouveau TOY STORY 2… qui sortira donc en salles avec le triomphe que l’on sait (100% de critiques positives sur 162 critiques professionnelles sur le site américain RottenTomatoes, tout de même). Le film de John Lasseter est un tour de force, une démonstration de pur génie, une des comédies les plus drôles et intelligentes jamais tournées et un film qui surpasse son prédécesseur avec tellement d’aisance que cela en devient indécent ! C’est à partir de cette réussite coup de poing et inespérée que le studio Pixar est véritablement devenu un mastodonte et une référence dans le monde entier. TOY STORY 2 est et restera un film majeur de l’histoire du Cinéma.

ladyandthetramp6. LA BELLE ET LE CLOCHARD (Clyde Geronimi, Wilfred Jackson et Hamilton Luske, 1955)

Deux chiens, un restaurant italien, des spaghettis… Vous connaissez tous LA BELLE ET LE CLOCHARD et surtout cette scène ! Pourtant, c’est tout le film qui se hisse au niveau des plus grands Disney ! Voici donc une sublime romance avec des chiens, une romance qui a su séduire toutes les générations et qui continue de fasciner encore aujourd’hui. Son idée de génie ? Rester la plupart du temps à hauteur de chien ! De ce fait, Geronimi et ses comparses nous proposent des idées de mise en scène sidérantes comme ces magnifiques contre-plongées sur des escaliers gigantesques ou la quasi-absence de visages humains durant toute la durée du métrage. Le choix du Cinemascope, qui perd les chiens dans les immenses décors inspirés de la ville où Walt Disney a passé son enfance, participe aussi à faire de LA BELLE ET LE CLOCHARD l’un des Disney les plus ambitieux. Tant par ses choix esthétiques que par les thématique qu’il aborde, d’ailleurs. Qu’est-ce qu’être libre ? Qu’est-ce que la jalousie ? Le film traite même la question de la sexualité à travers un fondu très évocateur.  En bref, LA BELLE ET LE CLOCHARD est un film à revoir de toute urgence !

bambi7. BAMBI (David Hand, 1942)

J’ai entendu Jean Douchet, au cours de son ciné-club consacré à Terrence Malick, dire que THE TREE OF LIFE était le premier film de l’histoire du cinéma à nous montrer et à nous faire ressentir toutes les étapes de la vie à partir de la petite enfance. Une bien belle phrase, certes, mais a-t-il oublié BAMBI ? Dans le film de David Hand tiré d’un livre de l’écrivain hongrois Felix Salten, c’est exactement ce qui nous est donné de voir : l’apprentissage de la vie. Si le film a pu être un tel choc à sa sortie et s’il est toujours aussi indéniablement impactant aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce qu’ils ont osé tuer la mère de Bambi dans une séquence qui a hanté les enfants du monde entier, mais c’est aussi parce que l’on se reconnait parfaitement à travers ces animaux crayonnés de manière bien moins cartoonesque que d’accoutumée. Les premiers pas, les premières amours, les premiers chagrins, l’innocence et la perte de l’innocence… BAMBI reste un chef-d’oeuvre inégalé qui dit beaucoup plus de choses sur notre condition humaine que ce que bien des adultes veulent nous faire croire aujourd’hui en nous vociférant que c’est un film réservé aux bambins. Comme nous l’apprend cet autre grand film qu’est HAPPY FEET 2, il faut souvent pouvoir faire un pas en arrière pour pouvoir faire deux pas en avant.

the nightmare before xmas8. L’ÉTRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK (Henry Selick, 1993)

Fut un temps où Disney avait sorti L’ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK sous la bannière de Touchstone Pictures. Face au succès jamais démenti de ce film que l’on peut pour une fois raisonnablement qualifier de culte,  la maison mère a depuis replacé son célèbre logo en ouverture du métrage. Là où l’oeuvre d’Henry Selick (réalisateur) et Tim Burton (à l’origine de l’idée et des personnages) était au début vue comme une oeuvre en marge dans le cinéma d’animation, une oeuvre presque dangereuse, elle est donc désormais devenue un incontournable à partager en famille et apte à faire peur aux enfants sans pour autant trop les effrayer. Que s’est-il passé en l’espace de quinze ans ? Tim Burton est devenu hype…  Et cela à un point tel que le film est désormais vendu sur son seul nom (ce qui dégoûta d’ailleurs tellement Henry Selick qu’il lui adressa une dédicace bien sentie dans le générique de CORALINE). ALICE AU PAYS DES MERVEILLES l’a -tristement- prouvé, Burton est désormais Disney-compatible. Mais rassurez-vous, les amis, les t-shirts Jack Skellington et autres cartables aux couleurs de Sally ont beau nous énerver, le film n’a rien perdu de son génie pour autant. Pour nous, dans nos coeurs et pour toujours, L’ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK restera ce chef-d’oeuvre trop en marge pour que Disney le sorte sous son nom !

TOY STORY 39. TOY STORY 3 (Lee Unkrich, 2010)

Quelle fin, bon sang, quelle fin !

 

 

 

 

 

 

pinocchio

10. PINOCCHIO (Hamilton Luske et Ben Sharpsteen, 1940)

Après ce film, Walt Disney a promis de ne plus être aussi capricieux. Il faut dire que PINOCCHIO a été pour lui le film de toutes les libertés. Bénéficiant du succès récent (et retentissant) de BLANCHE-NEIGE ET LES SEPT NAINS, le créateur de Mickey se lance dans divers projets tous plus alléchants les uns que les autres (de BAMBI à FANTASIA), dont ce PINOCCHIO qui sera donc son deuxième long-métrage à sortir en salles. Il permet à Hamilton Luske et Ben Sharpsteen, tous deux à la réalisation, de bénéficier d’un budget complètement déraisonnable (pour l’époque) de 2,5 millions de dollars. L’argent est bien sûr à l’écran : travellings fous, couleurs chatoyantes, dessin d’une troublante perfection… PINOCCHIO est l’exemple même de l’adaptation réussie, à tel point que le grand public retiendra en fin de compte plus cette version animée que le conte original signé Carlo Collodi. Il est d’ailleurs triste de constater que ce long-métrage fastueux désormais connu de tous n’a pas pu rembourser son budget lors de sa sortie, et cela en très grande partie en raison de la seconde Guerre Mondiale. Mais qu’importe, puisqu’aujourd’hui il est mondialement célébré et que son relatif échec n’a pas mis fin à la réalisation de projets qui marquèrent tout autant les enfants et grands enfants du monde entier !

 

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


Millésime du cinéma 2011 par BluberryKingLes meilleurs films Disney selon Baptiste Dupont.

Laisser un commentaire

Votre email ne sera jamais publié ou partagé.