FEFFS 2013 – 1ère partie du compte-rendu

 

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Du 13 au 22 septembre 2013 s’est déroulée la sixième édition du FEFFS, le désormais incontournable Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg. Président du jury, le cinéaste Lucky McKee (MAY, THE WOMAN) a donc une semaine durant assisté aux projections des films de la compétition sélectionnés par le chevronné directeur artistique Daniel Cohen, qui a écumé pour nous les divers marchés du film -et plus particulièrement celui du Festival de Cannes- afin de nous rapporter en Alsace les péloches les plus barrées de l’année. Nous étions bien entendu présents à cette sixième édition, et nous vous racontons dans le détail tout ce que nous avons pu y découvrir.

 

Un constat s’impose : pour cette sixième année, le festival ne s’est nullement contenté d’un panorama du cinéma fantastique. Ainsi, on pouvait découvrir divers thrillers, documentaires, drames ou comédies noires qui flirtaient à l’occasion avec une atmosphère un peu plus folle qu‘à l‘accoutumée. La vocation du FEFFS n’était donc étonnement pas de se cantonner aux créations fantastiques, mais bel et bien de nous rapporter un vif aperçu des cinémas de l’extrême de l’année 2013.

C’est peu dire que les diverses catégories (Compétition Internationale, Crossovers, Midnight Movies, courts-métrages, rétrospectives…) offraient alors un éventail cinématographique assez rare, allant du KING KONG original à l’inédit et très attendu ALL CHEERLEADERS DIE, présenté en première européenne par son réalisateur Lucky McKee.

Mais commençons par le commencement, et attardons-nous plus en détail aux films de la Compétition Internationale, que nous n’avons malheureusement pas tous pu voir (exit donc le très commenté UPSTREAM COLOR, le british FOR THOSE IN PERIL et l’apparemment très décevant IN FEAR).

uma historia de amor e furia

Uma Historia de Amor e Furia

Les festivités ont commencé avec UMA HISTORIA DE AMOR E FURIA, déjà primé au Festival du Film d’Animation d’Annecy et ici lauréat du Prix du Public. Cette production animée brésilienne, signée Luiz Bolognesi, était pourtant une véritable déception, sorte de CLOUD ATLAS du pauvre totalement immature qui ne manque pas une occasion de nous balancer à la gueule un ralenti tapageur ou de l’hémoglobine en CGI (une esthétique très en vogue). D’autant plus rageant qu’il y avait véritablement de quoi faire un très beau film d’animation avec un concept aussi fascinant. En effet, le film retrace l’histoire de Rio sur diverses époques, de 1566 avec l’invasion des conquistadors chez les Indiens Tupinamba, jusqu’en 2096 avec une pénurie d’eau potable qui touche les classes sociales les plus démunies. En guise de fil rouge, nous suivons l’histoire d’amour, reproduite siècle après siècle, du béni des dieux Abeguar et de sa bien-aimée Janaina, toujours en plein combat pour la liberté.

Si les qualités parfois discutables de l’animation sont facilement pardonnables eu égard au budget du film, il faut bien reconnaître que le traitement accordé à cette histoire est digne d’un exposé signé de la main d’un ado boutonneux de treize ou quatorze ans. En 1h15 (durée excessivement courte pour déployer un récit sur 600 ans, vous en conviendrez), le cinéaste développe un discours philosophique brouillon tout en recouvrant les évènements historiques tragiques présentés à l’écran de riffs de guitare et de musique de djeuns parce que tu vois, c’est trop lol. Étonnant que le consensus public se soit fait autour de ce film…

Venons-en au film suivant, APP, dont le concept (le film utilise une fonction double écran grâce à une application smartphone) est tout à fait horripilant. Cela dit, pour suivre cette banale histoire d’application téléphonique démoniaque par ailleurs à peu près correctement shootée (au moins jusqu‘à l‘incompréhensible course-poursuite finale), nul besoin de se référer au deuxième écran, qui n’a finalement pas grand-chose de plus à offrir que des angles de vues alternatifs ou des informations tout sauf capitales.

app

App

Commercialement, le concept du néerlandais Bobby Boermans est peut-être brillant, mais à l’écran, son application se révèle donc pour le moins timide, d’autant plus que le metteur en scène affirme que son idée préfigure l‘avenir du cinéma… Sans qu’il ne sache véritablement pourquoi. Grossièrement, certaines scènes de l’exposition renvoient ainsi au statut pionnier du film (des scènes d’une prétention assez effarantes), mais Boermans semble ne pas se douter que détourner le spectateur de l’écran principal est en fin de compte tout sauf immersif.

Lors du questions/réponses qui a suivi la projection du film, Bobby Boermans (plutôt sympathique au demeurant) n’a cessé de répondre qu’il avait fait ce film pour l’argent et qu’il n’avait aucunement réfléchi à son contenu. Son rêve ? Avoir une villa en Californie. Autant dire qu’avec une vision aussi peu artistique de son cinéma, le bonhomme a peu de chance de survivre bien longtemps dans la jungle hollywoodienne, alors même qu’il vient de vendre fièrement les droits de son film… aux producteurs des derniers DIE HARD. Que faisait ce film dans la Compétition ? C’est une grande question.

big bad wolves

Big Bad Wolves

Mais trêve de plaisanteries, passons aux choses sérieuses avec le très honnête BIG BAD WOLVES, qui débute comme un grisant thriller sous influence transalpine (avec en sus une course-poursuite en ville assez démente) avant de virer au torture-porn en huis-clos, le tout mâtiné d’un humour grinçant apte à contrebalancer l’atmosphère on ne peut plus tendue de certaines situations horrifiques… C’est d’ailleurs peut-être là le principal défaut de ce film israélien signé Navot Papushado et Aharon Keshales (RABIES). En voulant dédramatiser la moindre des séquences de ce récit racontant la traque d’un tueur de petites filles, les metteurs en scène diminuent considérablement l’impact de leur intrigue et succombent aux calembours les plus éculés.

BIG BAD WOLVES est un film très prévisible et globalement assez répétitif, ce qui n’enlève heureusement pas grand-chose à la satisfaction ressentie devant certaines séquences incongrues et à la limite d’un certain onirisme poétique (avec par exemple cette séquence de rencontre d’un musulman à cheval dans les bois).

the returned

The Returned

Si le film de Papushado et Keshales se révèle esthétiquement sophistiqué et techniquement impressionnant, il en va de même pour THE RETURNED de Manuel Carballo, présenté ici en avant-première mondiale. Loin d’être parfaite et n’assumant peut-être pas assez son statut de film de zombies, cette production espagnole tournée au Canada est avant tout une tragique histoire d’amour dans laquelle on retrouve beaucoup des qualités et des défauts des récentes productions fantastiques ibériques.

Carballo, qui n’en est pourtant pas à son premier film, révèle ici une encourageante sensibilité pour le mélo et pour le drame politique. Son film fait un peu l’effet de L‘ORPHELINAT, le premier long-métrage imparfait mais attachant d’un Juan Antonio Bayona qui a ensuite enchaîné sur le splendide THE IMPOSSIBLE. Espérons donc que le réalisateur de THE RETURNED puisse parfaire sa narration (ici relativement cousue de fils blancs et un peu trop attendue), afin par la suite de rencontrer le même succès à l’internationale que son confrère l’an passé.

On peut aussi souhaiter le succès à Jacob Vaughan, réalisateur de la comédie américaine BAD MILO!, autre film en Compétition Internationale cette année.

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Bad Milo!

Le plus improbable avec ce long-métrage plutôt court (1h20), c’est peut-être son pitch, puisque Vaughan nous raconte les péripéties de Duncan, employé chargé de licencier ses collègues dans une entreprise dirigée par un costard cravate crapuleux. Sauf que, tout aussi bien déboussolé par ses activités professionnelles que par sa femme qui souhaite avoir un enfant, Duncan souffre d’abominables douleurs à l’estomac dues à une sorte de Gremlins qui sort de son anus la nuit tombée afin de partir assassiner les gens qui le tourmentent. La créature (parfois adorable, à notre grande surprise) s’appelle Milo, et sans révéler les grandes lignes de l’intrigue, Duncan aura pour mission de l’apprivoiser afin d’arrêter le massacre.

On pense bien sûr en premier lieu au cinéma d’Henenlotter (et plus particulièrement à son hilarant BRAIN DAMAGE), mais BAD MILO! se révèle assez rapidement être beaucoup moins irrévérencieux que ses modèles pourtant plus vieux d’une trentaine d’années. Le film développe par ailleurs très vite un discours plutôt réactionnaire sur les valeurs familiales, et plus précisément sur la nécessité d’être éduqué par un homme et par une femme. Qui plus est, il s’embourbe aussi un peu dans un amas référentiel avec en apothéose un hommage à SHINING presque embarrassant tellement il est grossier.

En bref, BAD MILO! ne fait pas dans la subtilité, puisque son humour est aussi gras que sa mise en scène simpliste… Néanmoins, il faut bien admettre qu’on rit aux éclats et que les trucages à l’ancienne sont un régal. Le film ayant principalement pour objectif de nous faire passer un bon moment entre potes, il serait un peu rabat-joie de dire que la mission n’est pas accomplie. Elle l’est partiellement, dirons-nous, mais l’essentiel est là.

L’essentiel est aussi là dans KISS OF THE DAMNED, sans aucun doute le meilleur film de la Compétition. Le jury de Lucky McKee ne s’y est d’ailleurs pas trompé en remettant l’Octopus d’Or à Xan Cassavetes, réalisatrice fort sympathique de ce premier film sous influence européenne.

On craignait un sous-TWILIGHT, un film de vampires totalement aseptisé à destination des ados, et au final on a une flamboyante déclaration d’amour au giallo, un film de genre qui s’assume totalement en tant que tel (contrairement à THE RETURNED) et qui pourtant déploie toute sa singularité de film d’auteur dans une réflexion plus poussée que d’accoutumée sur le rapport des vampires à la vie éternelle.

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Kiss of the Damned, aussi en une de l’article

KISS OF THE DAMNED construit cela dit son édifice narratif autour d’un triangle amoureux traditionnel. Une grande partie de sa force tient d’ailleurs à nous faire voguer d’un personnage à l’autre au fil de l’avancement de son récit. Ainsi, on s’identifie un temps à Paulo, humain qui tombe amoureux d’une vampire qui se nourrit de sang animal, Djuna. Par son biais, on entre dans le monde de la nuit, puisque lui-même va très vite (ce n’est pas un spoiler) devenir un vampire. Quand Mimi, la vénéneuse sœur de Djuna, s’introduit chez eux, elle va les soumettre à de terribles tentations, et on croit quelques instants suivre le récit de Djuna, avant de partir du côté de Mimi et de ses errances sanglantes… Cette imprécision, cette incertitude, participe du rythme inégal, monstrueux et onirique d’un film profondément ancré dans le monde contemporain. Car KISS OF THE DAMNED est en effet un commentaire de notre société qui plaira avant tout aux amateurs de cinéma sensitif, tant son érotisme agressif (Mimi est un personnage profondément sexué, qui rappelle parfois Eva Green dans le DARK SHADOWS de Burton), sa bande originale envoûtante (et réellement mémorable) et son aboutissement formel excitent les sens.

Voilà, c’est dit, KISS OF THE DAMNED est un film excitant, certes un peu kitsch et pédant par moments, mais totalement euphorisant. Ici, à Bamboin, on a à cœur de défendre avant tout la singularité des œuvres, aussi claudicantes soient-elles, et ils nous a semblés évident que le film de Xan Cassavetes portait la marque d’une vraie auteure, contrairement à bon nombre d’autres longs-métrages présents en Compétition.

love eternal

Love Eternal

LOVE ETERNAL, projeté dans la foulée, nous a par exemple paru bien fadasse avec son histoire d‘amour (et un tout petit peu de nécrophilie) tout à fait banale. Ce qui dérange pourtant le plus, dans ce film au demeurant à peu près regardable de Brendan Muldowny, c’est justement son manque flagrant de personnalité. Dans sa retenue tout juste contrebalancée par quelques plans qui lorgnent maladroitement vers le Malick cosmique de THE TREE OF LIFE, LOVE ETERNAL frôle l’esthétique du cinéma de télévision. C’est d’autant plus rageant que de nombreuses pistes potentiellement passionnantes, comme celle de la forme du journal intime, semblent être délibérément contournées par peur d’en faire trop avec un sujet aussi risqué. Au final, au lieu d’en faire trop, le film en fait trop peu, et il manque cruellement de la passion qui fait les grands films. A ce titre, on aurait rêvé de voir le Sono Sion complètement frappadingue et formellement suicidaire de NORIKO’S DINNER TABLE sur un sujet similaire.

On touche le fond avec le film suivant, THE STATION, étron cinématographique qui force le respect tant ils accumule avec insistance toutes les erreurs imaginables. Premièrement, il faut savoir que le film est signé de Marvin Kren, réalisateur du plutôt bien accueilli RAMMBOCK (que l’auteur de ces lignes n’a malheureusement pas encore vu), et qu’il est une relecture avouée du cultissime THE THING de John Carpenter.

THE STATION se rêve donc en suspense claustrophobe dans un espace enneigé retiré du reste du monde, avec comme élément déclencheur la découverte d’un mystérieux liquide rouge qui se répand sur le glacier et contamine les espèces à son contact… Et devinez quoi ? Le film débute avec un chien contaminé ! Autant dire qu’on est clairement dans la citation, ce qui pourtant n’est en rien un gage de qualité puisque tous les ajouts de Marvin Kren destinés à ne pas faire un simple copié-collé de l’original frôlent le génie comique.

Premièrement, le cinéaste casse tout sentiment de tension claustrophobe en introduisant une intrigue parallèle se déroulant à l’extérieur de la station. On y trouve une ministre, très fortement inspirée d’Angela Merkel et qui deviendra rapidement une sorte de sidekick comique bien lourdingue (histoire d’être sûr de casser n‘importe quel suspense), qui marche avec une équipe en direction de la station pour une visite officielle.

the station

The Station

Ce simple ajout suffit déjà à comprendre que Marvin Kren n’a rien compris au fonctionnement de THE THING, film oppressant au casting uniquement masculin (pour éloigner toute ambiguïté et créer une plus vive tension) et replié sur des décors très peu nombreux. Qui plus est, le film de Carpenter fonctionnait grâce à sa gestion de l’espace hors paire et au caractère informe de sa créature… Mais dans THE STATION, puisqu’il faut bien innover un peu, les bestioles contaminées qui attaquent la station ont toutes un design clairement identifiable (en plus d’être foireux) et la gestion de l’espace est absolument catastrophique, tant les scènes d’attaque sont découpées absolument n’importe comment (« un gros plan de 2 secondes par-ci, un gros plan de 2 secondes par-là, une caméra qui tremble, et démerde toi avec ça pour comprendre ce qui se passe»).

Le pire avec ce film, c’est qu’on se persuade qu’il y aura forcément une scène pour relever le niveau à un moment ou à un autre, mais en fait non, chaque nouvelle séquence enfonce de plus en plus le tout à tel point que le final en devient absolument inimaginable de mollesse (une révélation capitale se fait l’air de rien au milieu d’une scène, sans même que le volume de la musique ne soit augmenté) et hilarant de débilité profonde (difficile de dire si la scène du chiot est volontairement drôle ou non).

Avec l’arrivée du générique de fin, des questions subsistent : Pourquoi avoir conçu ce film sur le modèle de THE THING en sachant qu’il allait forcément souffrir de la comparaison ? Pourquoi ne pas avoir utilisé le potentiel du liquide rouge (seul ajout à priori intéressant par rapport au Carpenter)? Et étais-ce un film d’horreur ou plutôt une comédie (sérieusement, il est très dur de déterminer les intentions véritables de son auteur)?

Pour faire court (puisqu’on ne va pas s’étendre plus longtemps sur cette daube), NRJ12 peut se réjouir d’avoir un nouveau film à diffuser en semaine à 23h… et Carpenter peut se réjouir d‘être un génie !

Pour le dernier jour de la Compétition, nous avons enfin pu découvrir le DARK TOUCH de Marina de Van et admettons-le tout de suite, ce long-métrage qui propose des images parfois à la frontière du VILLAGE DES DAMNES et de CARRIE n’est pas le chef-d’œuvre tant attendu. Pourtant, il est une réelle expérience de cinéma extrême et intelligent comme très peu de films de la Compétition l’ont été cette année.

dark touch

Dark Touch

On y découvre l’histoire de Neve, une petite fille qui semble avoir subit des sévices sexuels de la part de ses parents et qui a la capacité de faire bouger les objets présents autour d‘elle. Dans le prologue, qui reprend la construction en crescendo de l’introduction de SUSPIRIA (tout en lui piquant deux plans-signatures), les objets se déchaînent contre les parents de Neve. Pour les amateurs d’hémoglobine, la séquence est un régal, d’autant plus qu’elle est formellement éblouissante et chorégraphiée à la perfection.

Le problème du film, c’est que jamais par la suite il ne retrouve la grandeur de ces premières minutes qui évoquent aussi le premier EVIL DEAD de Sam Raimi. Néanmoins, DARK TOUCH est dans son ensemble une sorte de retour au cinéma horrifique hollywoodien des années 70. Celui de L’EXORCISTE. Celui qui traitait de thématiques graves avec une ambition esthétique désormais un peu perdue dans les codes du genre. DARK TOUCH partage qui plus est avec le classique de Friedkin le thème de l’enfance violée, thème ici traité avec, il est vrai, un peu moins de délicatesse. Reste un retournement final fascinant et une photographie absolument magnifique qui parachève le choc de certaines séquences-clefs tout à fait tétanisantes.

borgman

Borgman

Le film est donc largement recommandable, d‘autant plus que, tout comme le BORGMAN d’Alex van Warmerdam (WAITER) vu seulement deux heures plus tard, il arrive à se trouver une identité tout en étant parsemé d’influences diverses et variées.
Dans le cas de BORGMAN, déjà sélectionné à Cannes en Compétition Officielle, c’est majoritairement de l’influence de Jacques Tati dont nous parlons. Une influence qui se ressent jusque dans la construction des décors, et qui n’empêche pas le film de voler de ses propres ailes puisqu’il se révèle en fin de compte être une fable initiatique tout à fait réjouissante.

Là encore, le FEFFS proposait un film dont le rattachement au cinéma fantastique ne sautait pas aux yeux de prime abord. Une fois la projection entamée, on découvre pourtant le personnage de Camiel Borgman, sorte de clochard doté de pouvoirs magiques qui attire par un étrange enchantement les autres protagonistes à lui.

Avec BORGMAN (qui sort au cinéma en novembre) se concluait vendredi 20 septembre la Compétition Internationale et ses treize films sélectionnés, laissant à Lucky McKee et à son jury (dont le très assidu Carlos Areces) tout juste une journée de délibérations avant la cérémonie de clôture.

Aussi admirable soit l’acharnement de Daniel Cohen a nous proposer tous ces films en Alsace, il faut bien admettre que la Compétition de cette année ne fut globalement pas à la hauteur, comme en attestaient les discussions des cinéphiles à la sortie des séances. Longtemps, on a d’ailleurs cru que le jury devrait remettre ses prix aux films « les moins mauvais », ce qui n’est généralement pas très bon signe.

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Le colosse Lucky McKee, président du jury cette année.

Il faut signaler par ailleurs que plusieurs des films les plus excitants de cette sixième édition se trouvaient hors-compétition et qu’ils étaient d’emblée disqualifiés de la Compétition Internationale puisque présentés par des membres du jury comme Travis Stevens ou Julien Gester… Difficile alors de mettre en cause le festival, d’autant plus qu’il est le reflet d’une production actuelle bien morne, boostée aux DTV et aux films d’horreur pour pré-ados amateurs de sensations fortes (mais pas trop fortes non plus).

Puisque le gros des productions horrifiques actuelles est d’un conformisme inquiétant (à part MAMA, THE WOMAN, LA DAME EN NOIR et le final de MONSTRES ACADEMY, quoi de vraiment très bien depuis JUSQU’EN ENFER ?), force est de constater que la recette qui marche est de mélanger les genres, comme en attestent les films de la Compétition (BAD MILO! est à la fois un film d’horreur et une comédie, tout comme BIG BAD WOLVES, et LOVE ETERNAL et THE RETURNED sont plus des mélodrames que des œuvres de gros viandard) qui tentent de toucher un public beaucoup plus large que le public prétendument destiné au cinéma horrifique. Autrement dit, le meilleur moyen d’être rentable aujourd’hui en faisant du Genre est peut-être de faire autant un film pour les amateurs que pour la ménagère qui passe sa soirée devant TF1 (THE RETURNED n‘est pas un mauvais film, mais il s’approche en un sens de cet objectif).

Dans la deuxième partie de ce compte-rendu, nous allons nous consacrer aux films sélectionnés en Ouverture et en Clôture du FEFFS, ou encore dans les catégories Documentaires, Crossovers, Rétrospectives et Midnight Movies.

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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