Chronique festivalière, jour 4 – Silent Hill : Révélation 3D

silent hill revelation

Compétition Officielle

Silent Hill Revelation 3D /Un film de Michael J. Bassett avec Adelaide Clemens, Kit Harington, Sean Bean… Durée : 1h34. Sorti en 2012.

Si on vous parle de jeux-vidéo adaptés au cinéma, auxquels pensez-vous en premier ? A Mario Bros ? A Prince of Persia ? A Tomb Raider ? Aux plus gros ratages, quoi… Et il est vrai qu’il est difficile de déterminer quels titres sortent vraiment du lot, tant les univers vidéoludiques les plus célébrés ont été maltraités lors de leur passage sur grand écran. On retiendra peut-être le premier Final Fantasy (Les Créatures de l’Esprit), mais aussi le Silent Hill de Christophe Gans, décrié à sa sortie mais assurément au dessus du lot des infamies qui nous avaient été jusque là livrées -tant sa fidélité au matériau d’origine et son ambition esthétique en révèlent l’absolue honnêteté (et cela jusque dans ses évidentes défaillances).

On attendait donc forcément au moins un peu Silent Hill Révélation, suite directe mais tardive, d’autant plus que la présence du sympathique faiseur Michael J. Bassett (auteur du tout à fait regardable Solomon Kane) semblait assurer la pérennité d’une saga cinématographique qui promettait jusque là bien plus que sa cousine Resident Evil, elle aussi produite par Samuel Hadida. Quelle ne fut donc pas notre surprise en découvrant le produit fini, clairement en dessous des attentes et en tout point inférieur au premier opus… L’argument de la 3D en plus.

Utilisée comme un vulgaire gadget, celle-ci ne manque pas une occasion de nous balancer en pleine gueule un projectile ou un objet pointu. Très vite agaçant, le procédé ne propose que rarement un véritable travail sur la profondeur de champ (alors que cela nous semblait pourtant évidemment nécessaire pour un univers comme celui de Silent Hill). Quelques couloirs et caméras au ras du sol essayent bien de nous contredire, mais le tout est extrêmement schématique et souffre de la réduction de budget imposée par Hadida pour ce second volet.

Le film se retrouve donc le cul entre deux chaises, lui qui souhaite en montrer bien plus que le premier opus et qui pourtant en a encore moins les moyens… Mais là n’est pas le principal défaut de ce Silent Hill à qui nous reprocherons plus particulièrement son scénario, vulgaire torchon qu’aurait pu rédiger en deux jours un gosse de onze ans.

Structuré n’importe comment (le film met quand même 50 minutes à démarrer), Silent Hill Révélation 3D accumule les clichés (clochard inquiétant, clown dangereux…) et nous propose rien d’autre que la plus fade galerie de personnages de ces dernières années… Le lourdingue Vincent (jamais loin du harcèlement sexuel) ressortant grand vainqueur de cette compétition qui consistait sans doute à placer les répliques les plus improbables dans la bouche des protagonistes les plus agaçants ! Dans ce contexte, les répliques sont tellement dégueulasses qu’elles parasitent toute la bonne volonté du monde d’un casting parsemé de has beens (bonjour Carrie-Anne Moss) et de nouvelles têtes qui repartiront peut-être bien vite dans l’anonymat (à l’exception de Kit Harington, qui triomphe actuellement dans la série Game of Thrones).

Complètement dépassé par son film, Bassett fait se succéder les scènes de couloir et se permet de conclure son long-métrage sur un affrontement complètement what the fuck qu’on croirait tout droit sorti d’un Soul Calibur… Si Silent Hill ne t’intéresse pas et que tu préférais faire Solomon Kane 2, Michael, il faut le dire !

Triste constat, donc, que celui qui s’impose à nous face à ce deuxième volet qui, s’il n’est pas encore au niveau d’indigence d’un Resident Evil Afterlife, nous rappelle tristement que jusqu’à présent, jeux-vidéo et cinéma ne font que trop rarement bon ménage… A tel point que les meilleures adaptations de jeux ne sont peut-être même pas tirées de licences vidéoludiques et qu’elles s’intitulent plutôt Scott Pilgrim, The Raid ou Speed Racer !

LE PETIT PLUS DU « FILM DE MERDE » :

Malcolm McDowell signe pour n’importe quoi. La preuve, il a une scène hallucinante de bêtise dans ce film.

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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