Chronique festivalière, jour 4 – Beowulf

beowulf

Un Certain Relent

Beowulf / Un film de Graham Baker avec Christophe Lambert, Rhona Mitra, Roger Sloman… Durée : 1h39. Sorti en 1999.

« -Pour le Festival International du Film de Merde, on va parler de Beowulf ! » « -Quoi, sérieux ? Mais, Beowulf, c’est trop bien ! J’adore Zemeckis ! Son film, c’est une prouesse visuelle et c’est rempli de scènes de malade ! » « -hmm ouais mais non… » « -Et en plus il y a Angelina Jolie à poil ! » « -Angelina Jolie à poil en version numérique, tu veux dire. Mais de toute façon je t’arrête tout de suite, on parle pas du même film. » « -Ah merde. » « -Ah merde, comme tu dis. On parle du Graham Baker avec Christophe Lambert. Le truc sorti en 1999. » « -Ah ouais, c’est quoi ? C’est bien ? » « -Ben tu vas voir… »

1h39 plus tard (parce que le film n’est pas trop long), nous pouvons enfin vous affirmer que Beowulf version Christophe Lambert est un véritable nanar de compétition ! Pas juste un film de merde, parce que des films de merde avec un guerrier qui enchaîne les saltos avant tout en affrontant un ennemi qui manque ses coups 99 fois sur 100, c’est finalement assez rare ! « Alors, combat ! », comme ils disent dans le film (réplique qui tombe comme un cheveu sur la soupe au milieu d’une discussion).

Peu avant le tournage, les financiers réduisent considérablement l’enveloppe allouée à Graham Baker en la faisant passer de 25 millions de dollars à seulement 3,5 millions. Vous imaginez sans peine la détresse de l’équipe, contrainte à foncer dans le mur en produisant des décors et des costumes tout à fait déplorables. En résulte un univers pas crédible pour un sou, avec des images de synthèse parmi les plus laides jamais vues sur un écran de cinéma et les maquettes les plus ridicules de la décennie des 90’s.

Mais malgré son budget riquiqui, Beowulf a l’ambition d’adapter le classique poème anglo-saxon. Cela dit, Baker décide de renouveler le mythe en l’incorporant à un univers rétro-futuriste pour le moins douteux (on pense un peu à Mad Max 2, mais en merdique). En plus des armes et des costumes étonnamment modernes, le film dispose ainsi d’une bande-originale techno aussi hilarante qu’elle donne envie de se trémousser devant son écran !

Beowulf, c’est en quelque sorte un conte médiéval version boîte de nuit, ce que viendra aussi confirmer le magnifique effet stroboscopique des scènes de sexe qui nous présentent la mère de Grendel, une top model qu’on croirait coiffée par Mia Frye et qui se transformera à la toute fin en immonde créature de jeu-vidéo PSOne.

Une chose est sûre, c’est qu’il est difficile de s’ennuyer devant ce film hautement improbable dans lequel une grossière maquette de château explose longuement en guise de conclusion. Si l’objectif de Baker était de faire évoluer le cinéma d’action, c’est totalement raté, d’autant plus qu’on soulignera le fait que Beowulf est arrivé chez nous seulement deux petits mois avant un certain Matrix…

Redécouvert au milieu des années 2000 par une poignée de geeks amateurs de nanars, cet incroyable navet qu’est le film de Graham Baker mérite clairement toute votre attention !

LE PETIT PLUS DU « FILM DE MERDE » :

Bonne nouvelle pour tous les amateurs de nanars, le film est très facilement trouvable en vidéo dans une édition DVD de qualité respectable !

 

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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