Les Cinq Légendes

Genre: Aventure, Fantastique.

Un film américain de Peter Ramsey avec Chris Pine, Alec Baldwin, Jude Law…

Note : 8/10

L’histoire: L’aventure d’un groupe de héros, tous doués de pouvoirs extraordinaires. Emmenées par Jack Frost, un adolescent rebelle et ingénieux, ces cinq légendes vont devoir, pour la première fois, unir leurs forces pour protéger les espoirs, les rêves et l’imaginaire de tous les enfants.

SPOILERS INSIDE !

Même rapidement, il fallait que ce soit dit: Les Cinq Légendes est un futur petit classique du cinéma d’animation. À la rencontre de l’esprit des productions Amblin et du plus virevoltant des films de super-héros contemporains, le film de Peter Ramsey s’affirme comme le premier vrai bon film des studios Dreamworks, qui se permettent ainsi cette année de faire la nique à Pixar. Si Dragons laissait présager un renouveau pour le studio de Katzenberg, c’est bien la participation de Guillermo Del Toro au premier long de Peter Ramsey (réalisateur d’un court-métrage dans l’univers de Monstres contre Aliens) qui atteste de cette première réussite totale et déterminante.

Les Cinq Légendes alterne moments de bravoure incroyables et séquences intimistes profondément émouvantes. L’univers visuel du film (que l’on doit en partie à Del Toro, donc) s’aventure quelquefois sur le terrain de l’expressionnisme et participe grandement à la création de ce magnifique conte sur l’enfance. Rare et précieux dans le domaine de l’animation américaine, le film va assez loin puisqu’il va jusqu’à tuer l’un des protagonistes principaux à mi-parcours. En outre, la représentation de la peur chez Ramsey est étonnamment éprouvante pour un film à destination des bambins.

C’est d’ailleurs peut-être pour cela que l’on pourra percevoir en ces Cinq Légendes un film pour adultes sur l’enfance plus qu’un abrutissant film pour marmots laid et décérébré, ce qu’étaient auparavant chez Dreamworks Shrek ou Madagascar. Face à l’inéluctabilité de l’arrivée d’un âge adulte sombre et dénué de rêve, les enfants s’affirment dans un final réjouissant comme une force vive souvent mésestimée. Le film nous raconte que non, les enfants ne doivent pas nécessairement grandir et devenir de vieux cons, mais plutôt grandir et garder leur espièglerie. Voilà des thématiques qui font de l’intrigue du film un tout à la fois captivant et intelligent, tout autant appréciable en tant que grand spectacle d’action et d’aventure qu’en tant qu’ambitieux conte initiatique.

Il faut aller voir Les Cinq Légendes, faire l’impasse sur les premières minutes hasardeuses du métrage et encourager Dreamworks a persévérer dans une voie débarrassée du cynisme de pacotille et de l’insolence préfabriquée (d’autant plus qu’elle est toute relative) qui faisait jusque là sa marque de fabrique.  Ici même à la rédaction de Bamboin, on prend les paris et on se persuade que dans dix ans, de jeunes adultes nostalgiques évoqueront ce film la larme à l’oeil… Peut-être même en chantonnant le magnifique thème composé par Alexandre Desplat pour l’occasion. Vivement.

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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