Resident Evil : Retribution

Genre: action, horreur.

Un film américain de Paul W.S. Anderson avec Milla Jovovich, Sienna Guillory, Shawn Roberts …

Note : 0,5/10

L’histoire: Alice est enfermée dans une base sous-marine composée de salles restituant virtuellement les plus grandes villes du monde. Elle va tenter de s’en échapper avec l’aide d’un commando venu à sa rescousse.

N’y allons pas par quatre chemins, cette cinquième « adaptation » de la saga vidéoludique à succès Resident Evil est un désastre total… Et de toute façon, à quoi pouvait-on s’attendre d’autre ? En dix ans et cinq volets, dont trois à la réalisation, Paul W.S. Anderson a réussi à devenir l’ennemi public numéro 1 des chantres du bon goût pelliculé. Dans ces Resident Evil à gros budgets, il y a à boire et à manger pour les plus fervents amateurs de nanars, toujours heureux d’apprendre que de grands studios ont encore les couilles de sortir autant de thune pour des séries Z de la sorte.

Là où Retribution est une déception, c’est qu’il est plus ennuyeux que fendard. Cette succession ininterrompue de scènes d’action visuellement vomitives laisse à penser que l’équipe du film, des scénaristes aux décorateurs en passant par les acteurs et le compositeur de la bande-originale, fut en état d’ébriété avancé du lancement du projet jusqu’à sa sortie en salles. Tout est là pour sublimer la médiocrité de la mise en scène d’Andersen, réalisateur surement violé par un ralenti durant sa plus tendre enfance, tant il abuse de cette technique pompière pour donner un semblant de style à des morceaux de bravoure tous plus déconcertants les uns que les autres (voir le final d’une nullité abyssale).

Incapable de trouver une idée suffisamment intéressante pour relancer sa saga, le réalisateur décide rien moins que d’entreprendre un remake du génial Aliens de James Cameron. Il y a dans son film de sérieux relents de commando débarquant sur un territoire inconnu, de petite fille à materner pour l’héroïne, de créature increvable qui pourchasse la fine équipe pendant une bonne partie du métrage, de fillette qui se fait capturer pour ensuite se retrouver prisonnière d’une sorte de cocon visqueux sur un mur, de compte à rebours final pour échapper à la destruction d’une immense infrastructure… Ça fait un peu beaucoup, mr. Anderson, vous croyiez vraiment qu’on y verrait que du feu ? En sus, le réalisateur d’ Alien VS Predator (tiens tiens) nous propose des clins d’ oeil plus ou moins subtils à Tron ou à Inception. On touche le fond quand d’immenses décors à priori virtuels sont détruits comme s’ils étaient des bâtiments en dur.

Côté casting, l’équipe semble s’être passer le mot et joue dans la surenchère la plus totale. On ne s’attache à strictement aucun personnage (et surtout pas à cette gamine sourde qui gesticule n’importe comment) et on contemple les prestations je-m’en-foutistes de toute une bande de rigolos bien trop payés pour ces conneries. Au moins, les fans ne seront pas déçus, on reste dans la lignée des précédents films.

Monté avec les pieds (c’est peu de le dire), tourné par un gogol mental qui vous balance des objets à l’écran dès que l’occasion se présente, Retribution ne vaut finalement que pour deux trois vues d’ensemble assez excitantes, mais très vite désagrégées par le contenu des plans qui se succèdent à elles. On retiendra l’exemple de la séquence de la salle des clones, qui débute sur une vision réellement terrifiante et mystérieuse avant qu’Anderson ne désintègre méthodiquement, à travers un dialogue « de sourds », la moindre des idées intéressantes de son décorum, provoquant durant quelques instants l’hilarité des spectateurs. À croire qu’il le fait exprès… Ce que semble confirmer l’introduction du métrage, une scène d’action que l’on nous présente deux fois d’affilée, l’une des deux étant proposée au ralenti et à reculons. Atterrant.

Quoi qu’il en soit, même pour une soirée vodka-orange, Retribution n’est pas la pépite attendue. Certes on éclate de rire quelques fois, mais surtout on s’ennuie terriblement et on se rappelle de la saga vidéoludique dont s’inspire plus ou moins cette immondice. Resident Evil, les jeux, c’est quand même vachement mieux. Ça tombe bien, le sixième sort cette semaine sur PS3 et XBOX360. De quoi pardonner l’horreur qui vient de nous passer sous les yeux ? Réponse très vite.

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


4 Commentaires

  1. Mesquin
    Posted 30 septembre 2012 at 12 h 18 min | Permalink

    Rhaaaa il faut que je le note sur ma liste des « à voir » celui-là ! Il m’a l’air fortement jouissif.

  2. BluberryKing
    Posted 30 septembre 2012 at 21 h 13 min | Permalink

    Affirmatif, cela inspire l’éjaculation d’émotion

  3. BluberryKing
    Posted 28 octobre 2012 at 22 h 20 min | Permalink

    INTRINSEEC a aussi critiqué ce film:
    « Alors que l’on pensait en avoir tout vu et que les précédents volets ne laissaient pas vraiment d’indications quant à une possible suite, Resident Evil Retribution nous laisse une fois de en compagnie d’Alice pour une nouvelle chasse aux zombies ultra-violente et gore au possible.
    Notons également le retour de deux personnages emblématiques des précédents opus,
    incarnés par Michelle Rodriguez et Oded Fehr, qui «reviennent en vie» grâce à la science.
    Dans l’ensemble, le jeu d’acteur est aussi bon que celui des précédents volets, et si nous étions habitués à voir Milla Jovovich à l’aise dans son rôle de chasseuse de zombie, il est quand même assez intéressant de constater qu’elle peut aussi interpréter celui d’une mère de famille.
    Le seul défaut que l’on pourrait trouver au film sont les scènes d’action typiques du cinéma en 3D, avec ces nombreuses phases au ralenti qui nous poussent à nous demander si le film était passé vitesse réelle, durerait-il plus de vingt minutes? »
    Et voilà pour ce bonus super exclusif ^^

  4. aeon flux
    Posted 23 août 2015 at 2 h 01 min | Permalink

    c’est le meilleur film que j’ai jamais vu!

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