Hunger games

Genre: Action, drame, science fiction

Un film américain de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson et Liam Hemsworth

Note: 4/10

Il est des pellicules de film qui devraient reposer pour l’éternité dans un recoin sombre et poussiéreux sans que personne ne les en sorte. Ou bien simplement quelques minutes dans un bassin d’acide, au choix. Dans la liste interminable des films « onferaunesuitesicamarche » croisée avec celle des « adaptonsunromansuccès » on trouvait déjà Twillight ; aujourd’hui heureux grand frère du petit dernier de la famille : Hunger Games, film de Gary Ross, monsieur qui a notamment écrit le scénario du très bon BIG, avec Tom Hanks.

Sans tarder, plantons le topo les enfants ! L’action prend place dans un futur apocalyptique aux Etats-Unis, à présent appelés « Panem » ( Hunger Games respecte la célèbre loi hollywoodienne « après l’Apocalypse, seuls les Etats-Unis d’Amérique continuent d’exister » ). Panem est donc composé de 12 districts chacun spécialisé dans un domaine particulier, tous soumis à un district central appelé « Capitole ». C’est dans le district 12 – le plus excentré/pauvre/moche, spécialisé dans l’exploitation des mines- que nous retrouvons notre héroïne répondant au doux nom de Katniss Evergreen, 16 ans.

Katou donc est bien évidemment bonne et vertueuse, orpheline de père (mochement emporté par un bête coup de grisou des années plus tôt. Notez ici je vous prie l’emploi de la seconde loi d’Hollywood : « Un héros pour être attachant devra être gentil, beau, socialiste, et avoir une bonne vie de merde »). Mais sa vie bascule lorsqu’au court d’une cérémonie annuelle sa petite sœur adorée (dont le nom a peu d’importance, classons-là dans la catégorie des « faire-valoir du héros », troisième grand précepte d’Hollywood) est sélectionnée pour la 74eme édition des HUNGER GAMES.

Bonne pâte comme elle est, Katniss se porte volontaire à la place de la môme. En même est tiré au sort le deuxième tribut : Peeta, le fils du boulanger, un gentil garçon aux mains habituées à pétrir le pétrin ce qui n’est pas pour déplaire à notre coquine Katou.

Mais déjà j’en entends murmurer dans le fond : « Mais oui, mais les alors, les HUNGER GAMES keskecé ? »

Les Hunger Games, jeune malandrin inculte, sont la punition infligée aux 12 districts pour avoir tenté de se soulever contre le Capitole il y a 74 ans de cela. Depuis, tous les ans chaque district doit envoyer deux de ses enfants se faire massacrer dans une arène par les représentants des autres districts, il ne peut y avoir qu’un vainqueur, qui empochera richesse et gloire, parce que tout est filmé. Oui oui, ce film dénonce avec une grande finesse les pratiques de la télé-réalité. La finesse d’un John Rambo bourré tentant de ranger sa cartouche dans une vietnamienne libérer de gentils prisonniers.

Résumons : Tous les ans le Capitole réclame la mort de 23 innocents, non plus par punition, mais pour respecter la « tradition » comme il est expliqué DES LE DÉBUT DU FILM, parce que finalement, hein, ho, c’est rigolo de regarder des pré-pubères boutonneux se maraver à coups de machette, on se croirait à Clichy-Sous-Bois. Et surtout, SURTOUT, il n’y a jamais eu de soulèvement face à cette pratique révoltante. Ma foi, je dois être un tantinet dérangé pour trouver ça révoltant.

Le président du capitole reste circonspect face à ce scénario tout troué.

Voilà pour le synopsis du film. Navrant. Ceci dit l’idée de changer quelques règles dans Secret Story afin de pouvoir jouir du spectacle d’hydrocéphales s’entretuant à l’aide de gourdins n’est pas déplaisante, espérons qu’Endemol trouvera inspiration dans les années à venir.

De manière générale, le film aborde ensuite tous les poncifs du film américain visant un public le plus large possible. Ainsi, si l’histoire en elle-même pouvait permettre de mettre en scène des dilemmes affreux sur fond de massacre d’enfants, le réalisateur a préféré centrer son œuvre sur l’amourette niaise des deux héros, distillant une bonne odeur de guimauve dans la jungle. Rajoutez à cela des prises de vues plus que douteuses, des méchants caricaturaux (Quatrième règle d’Hollywood « Toute personne pauvre sera foncièrement bonne et altruiste, toute personne riche sera détestable, dans le même temps, le QI d’un méchant sera inversement proportionnel à son PIB », ça se vérifie parfaitement dans Hunger Games) et vous aurez le succès de l’année.

Ce qui est relativement honteux, accordons-nous là-dessus.

Ainsi Hunger Games est un film à gros budget à peine divertissant parce que gangréné par une morale sous-jacente et maladroite, ayant plus sa place dans un clip de campagne de Mick Romney que dans une superproduction d’un tel potentiel. Ce film ne va pas au fond des choses, ne soulève pas réellement de débat de fond (si ce n’est sur l’absence de scènes de sexe champêtres), en bref, un succès immérité.

Sur ce, Les Ch’tis à Mykonos va commencer, et je ne voudrai pour rien au monde rater une paire de seins un éventuel duel à mort entre deux braves fêtards probablement fans de tunning, à bientôt pour une nouvelle critique !

Crédits photos: ladmedia.fr et cinemovies.fr

A Propos de l'Auteur

a publié 8 articles sur ce site.

Mesquin de nature, vous me trouverez rôdant ici en train de dénigrer sans pitié le travail d'un réalisateur tourmenté et de toute l'équipe d'intermittents du spectacle ayant contribué à me faire perdre de 1h30 à 4h de ma vie devant un mauvais film. Effrontés qu'ils sont. Mauvaise foi et mesquinerie marqueront mes interventions.


3 Commentaires

  1. Pandaron
    Posted 20 septembre 2012 at 8 h 48 min | Permalink

    Une magnifique critique comme on les aime !

  2. Elminster
    Posted 22 septembre 2012 at 12 h 53 min | Permalink

    Superbe article bourré d’humour. Continue à nous régaler.

  3. Lucky
    Posted 28 octobre 2013 at 23 h 15 min | Permalink

    Enorme !

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