The Amazing Spider-Man

Genre : Science-fiction.

Un film américain de Marc Webb, avec Andrew Garfield, Emma Stone, Rhys Ifans…

Note : 8/10

L’histoire : Mordu malencontreusement par une araignée génétiquement modifiée, le jeune geek Peter Parker part à la recherche des ses origines en enquêtant sur la disparition de son père, tout en affrontant Le Lézard et en tombant amoureux de la jeune et belle Gwen Stacy.

Moqué par les internautes depuis son annonce, le reboot de Spider-Man, doté d’un budget maousse de 260 millions de dollars, débarque enfin dans les salles. Et force est de constater que si les fans pointaient du doigt à peu près tous les choix esthétiques, scénaristiques et purement cinématographiques aperçus dans les multiples bandes-annonces, le film tient parfaitement la route. Loin cependant du sens inouï de la mise en scène de Sam Raimi et plus particulièrement du miracle Spider-Man 2, cet Amazing Spider-Man résolument ancré dans les années 2000 (là où la trilogie Raimi sentait les sixties à plein nez) se montre étonnamment généreux, juste et iconique.

À une photo colorée, presque surannée, toute droit sortie des comic-books originaux, le film de Marc Webb (500 jours ensemble) préfère une imagerie contemporaine mais suffisamment stylisée pour ne pas se retrouver enfermée dans la mouvance The Dark Knight, que beaucoup essayent ces derniers temps de singer. À ce titre on reprochera l’esthétique publicitaire, surdécoupage et ralentis à l’appui, des premières minutes, dont Webb s’échappe ensuite avec un certain brio. S’il n’est pas Raimi et que le film ne bénéficie pas encore de la patte d’un grand réalisateur, on sent poindre sous les notes d’intentions un talent qu’un deuxième opus devrait confirmer. Plutôt discret mais assez efficace, le cinéaste ne joue pas la star et, pour son premier essai dans le monde des blockbusters, se concentre sur la direction d’acteurs et sur l‘illustration sans fausse note du scénario.

Si la gestuelle d’Andrew Garfield, qui joue à merveille l’hésitation, en fait le parfait Peter Parker et que Emma Stone est une Gwen Stacy extrêmement attachante (peut-être parce qu’elle n’est pas la demoiselle en détresse qu’était Kirsten Dunst en Mary-Jane dans la trilogie précédente), il ne faut pas oublier de louer les qualités d’un scénario épatant. L’histoire d’amour adolescente est traitée avec une justesse assez remarquable, en même temps proche et tellement loin des standards récents de la télévision et de la saga vampirique Twilight. Le bad guy Curtis Connors bénéficie d’un traitement le rendant tellement humain qu’on ne peut jamais le trouver, justement, véritablement méchant. Les thèmes abordés par le scénario (acceptation de soi, justice, vengeance…) le sont avec brio. Tout juste reprochera-t-on un certain cynisme, mis en exergue par quelques blagues sur les costumes ou la gueule du Lézard (c’est dans l’air du temps…); cynisme transcendé cependant dans les dernières minutes  avec la mise en avant de la plus noble des manières de valeurs héroïques qu’on croyait perdues avec la fin des années 2000.

(ATTENTION SPOILERS) Il y a en fin de métrage une séquence tout à fait admirable, au rendu 3D époustouflant (ce qui n’est pas le cas de la totalité du film, loin s’en faut), dans laquelle tout New York se mobilise pour soutenir Spider-Man dans sa lutte contre le Lézard. Comme autant de bras tendus vers le héros, des dizaines de grues viennent faciliter l’ascension de Peter Parker vers la tour Oscorp. L’idée, visuellement extrêmement forte et emblématique, se retrouve encore magnifiée par le score de James Horner (pas toujours à la hauteur de Danny Elfman), qui ici ressuscite les grands airs de son Titanic. (FIN DES SPOILERS)

Pas une minute en trop n’est à déplorer dans The Amazing Spider-Man, reboot de rêve pour Sony (on craignait un Batman Forever bis) qui s’assure ici une malle en or. Véritable réussite qui devrait plaire à toute la famille (romance, action, humour sont au programme), le film de Marc Webb et Avi Arad (car on sent tout de même la patte assez insistance de la production) est clairement un nouveau divertissement super-héroïque majeur, seulement quelques mois après The Avengers. Superbement chorégraphié et interprété, ce blockbuster intelligent n’en reste pas moins un grand spectacle d’action et d’effets spéciaux, même si les choix artistiques opérés sur le personnage du Lézard en laisseront quelques uns sur le carreau. À recommander vivement, en attendant une suite qui saura, on l’espère, confirmer les nombreuses qualités de ce tout nouveau film, tout en en écartant les quelques indéniables faiblesses.

Crédits photos: encore et toujours rottentomatoes

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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