The Dictator

Genre : Comédie.

Un film américain de Larry Charles, avec Sacha Baron Cohen, Anna Faris, Ben Kingsley…

Note : 2/10

L’histoire : Trahit, débarrassé de sa barbe fétiche, le dictateur Aladeen se retrouve seul en plein New York. Tandis qu’une de ses doublures s’apprête à proclamer le passage de son pays à la démocratie, Aladeen va tenter de reprendre sa place mais va aussi tomber amoureux d‘une militante qui, forcément, renie tout régime totalitaire.

Après Ali G, Borat et Brüno (trois personnages issus de son émission Da Ali G Show), le génial acteur Sacha Baron Cohen s’aventure, toujours accompagné de son fidèle ami réalisateur Larry Charles, à la création d’un nouveau personnage, le dictateur Aladeen. C’est donc quelques années seulement après l’hilarant Borat, le plutôt recommandable Brüno et l’échec d’un projet de film dans la même veine ayant pour protagoniste un chanteur se présentant à l’Eurovision, que le fameux duo nous propose un The Dictator franchement à côté de la plaque, symptomatique d’une frénésie créatrice et d’une virulence jadis salvatrice perdues.

Les raisons du désastre ? Il  y a fort à parier que la reconnaissance internationale du comédien est un frein à ses délires rentre-dedans. Brüno mélangeait caméras cachées et séquences scénarisées, ce qui limitait déjà l’impact de son propos. The Dictator est, lui, puisque Sacha Baron Cohen ne peut plus faire ses pitreries en ville sans être reconnu, une fiction du début à la fin. Dans cette optique de renouvellement forcé, le cinéaste et l’humoriste anglais s’égarent entre un désir, celui de retrouver la puissance comique de leurs précédents méfaits, et une nécessité, celle de proposer un scénario solide, bien structuré, avec des personnages forts et une mise en scène efficace. Tous ces points font fortement défaut à un film qui, pour ne rien arranger, transpire la production friquée alors que les allures quasi indépendantes de Borat et Brüno en démultipliaient les qualités respectives.

Redondant, The Dictator l’est certainement. Proposant la rencontre de Borat et d’un lointain cousin de Chaplin, le film arrive avec presque dix ans de retard. Ressemblant à la fois trop et pas assez aux aventures passées de Sacha Baron Cohen, le film tente en vain de faire passer le ressassement continuel de thématiques déjà traitées avec brio en 2005 par la surenchère dans la vulgarité et les énormités. Aladeen qui improvise un accouchement et perd son portable dans le vagin de la dame? Done. Notre Dictator qui chie sur un voleur de sacs à main alors qu’il est à trente mètres au dessus du sol ? Re-done. Et des comme ça, il y en a des meilleures (ou des pires, c’est selon).

C’est donc plutôt gênés par le spectacle qui se déroule sous nos yeux que l’on rit inévitablement à quelques occasions (exception faite d’une scène de découverte de la pratique de l’onanisme véritablement drôle). Les gags se succèdent, ainsi que les guest stars (dont une Megan Fox qui semble se réjouir de l‘image de fille de joie qu‘elle se traîne depuis Transformers), et rien ne vient enrayer la machine, faite cette fois-ci pour amasser des tonnes de billets verts.  C’est cette réjouissante sensation d’avoir un cailloux dans la chaussure qui a disparue chez Charles avec le passage à cette nouvelle décennie. Si Borat choquait, faisait réfléchir et mettait ses victimes face à leurs quatre vérités, The Dictator ne dissimule un embryon de réflexion que sous un énorme tas de pipi et de caca. Un constat amer.

Qui plus est, la tenue visuelle plus conventionnelle du film met en évidence les carences de Larry Charles en matière de mise en scène. On assiste à une succession de champs/contre-champs des plus attristante, qu‘aucun cache-misère (la performance de notre acteur star reste tout de même louable) ne dissimule plus de quelques instants.

Terriblement prévisible (il est aisé de deviner la chute de chacune des scénettes), monté avec les pieds (la scène de l’accouchement !) et par-dessus tout affreusement peu attachant, The Dictator est le produit cynique de bonshommes qui tentent de reproduire une recette alors que les conditions ne sont pas réunies pour que l’éclat de génie refasse surface. Il est temps de changer de refrain pour ces deux-là, de regagner au moins un petit peu de leur désormais légendaire désinvolture et de repartir au plus vite sur un projet qui viendra démentir les sombres présages de ce Dictateur rance (les gags à répétition sur le 11 septembre, en 2012, c’est moins drôle que quand ça dérangeait tout le monde). En attendant, si vous voulez voir Sacha Baron Cohen, sachez qu’il est excellent dans Hugo Cabret.

À préciser cela dit que les avis sur ce film divergent au sein de la rédaction (BluberryKing: 5,5/10).

Crédits photos: rottentomatoes et allociné (ici et)

A Propos de l'Auteur

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Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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