Sur la piste du Marsupilami

Genre : Comédie, Aventure.

Un film français de et avec Alain Chabat, avec Jamel Debouzze, Fred Testot …

Note : 6,5/10

L’histoire : Un journaliste et un père de famille palombien partent à la recherche d’un animal qu’on croyait qu’il n’existait pas mais qu’il existe, le Marsupilami.

Attendu avec scepticisme par les afficionados de la célèbre bande-dessinée, ce Marsupilami version Alain Chabat étonne à plus d’un titre. D’abord par sa globale fidélité au matériel d’origine, tout juste entachée par quelques séquences toutes droit sorties de l’univers des Nuls. Mais peut-on blâmer le sieur Chabat d’avoir voulu pimenter la sauce Franquin des quelques trouvailles barrées dont il a le secret (Lambert Wilson et sa passion pour Céline Dion, un chihuahua qui décidément en veut à la caboche de Jamel Debouzze …) ? Pas vraiment.

D’autant plus que ces -courtes- séquences sont peut-être les plus drôles d’un film fait avec beaucoup d’amour et un peu de crainte. La crainte de décevoir, la crainte de ne pas être à la hauteur de la BD. A la maladresse scénaristique qui en résulte, l’acteur-cinéaste appose une atmosphère postmoderne, forcément faite de références visuelles et narratives aux Septième et Neuvième Arts. En France, il est avec Hazanavicius le seul à proposer un univers qui digère sans trop de peine de multiples influences. Il faut bien parler, aussi, du cinémascope, de la photographie et de la bande-originale qui sortent le film du carcan résolument populiste (plus que populaire) du reste de la production hexagonale.

Dans Sur la piste du Marsupilami, il y a une ambition formelle que les Charlotte de Turkheim, Isabelle Mergault et consorts n’ont pas (et n’auront sans doute jamais). Cette force, Chabat la tire sans doute de sa culture presque geek, de sa connaissance du cinéma et de la BD. En résulte une mise en scène en forme de tableaux, le plus souvent fixes, justes émaillés de temps à autres d’un léger travelling. On a l’impression de tourner les pages d’un album de Franquin, tant les images qui se succèdent sous nos yeux révèlent une structure en forme de cases (plans) et de planches (séquences).

Alors certes le film n’est pas exempt de défauts, mais on les pardonne quand on les comprend. Si, par exemple, le Marsupilami est si peu présent et n’a pas droit à une bonne scène d’action finale mettant en avant ses capacités (ça se ressent, croyez-moi !), c’est surement pour des raisons budgétaires. Et quand le personnage de Géraldine Nakache (pourtant une actrice fort sympathique) se révèle absolument inutile, on comprend que Chabat se sentait obligé de placer un personnage féminin dans son récit. De bonnes intentions comme ses références multiples à Spirou et Fantasio : Fred Testot en Champignac pervers qui finira finalement dictateur (plusieurs personnages des « Héritiers » en un, donc), Chabat et Debbouze en palliatifs des héros sus-nommés (une façon de contourner la représentation d’un groom un peu fade pour notre siècle ?) …

C’est, vous l’aurez compris, tout l’univers de Franquin qui est convié à cette fête de la bande-dessinée aventureuse et attachante, un peu bancale par moments (il manque clairement un petit je-ne-sais-quoi à cette -première ?- aventure), mais toujours sincère et dévouée. Les fans de Chabat y trouveront en petite dose les Nuls qu’ils chérissent, les autres une comédie plus réussie qu’Astérix et Obélix- Mission Cléopatre (qui faisait pourtant déjà preuve de son amour pour le Neuvième Art). Les addicts à Franquin, eux, seront plutôt séduits.

Crédits photos : pathefilm.com, allocine.fr et rfi.fr

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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