Le rugby court-il à sa perte?

Après le football et le cyclisme, nous allons aujourd’hui  nous attaquer un autre sport : le rugby. Ce sport, peu connu sur la scène internationale, est l’un des plus communs en France.

Pourquoi allons-nous parler rugby ? Certainement pas pour disséquer et analyser les piètres prestations du  XV de France pendant le tournoi des six nations. Il y a un sujet bien plus sérieux.

C’est passé quasiment inaperçu il y a un mois et demi de cela, mais il s’est produit un évènement rare dans les coulisses du top 14 [NDLR : championnat de France de rugby] et c’est à Paris, plus précisément à Colombe, en région parisienne, que cet épisode a eu lieu. Le club évoluant dans cette banlieue de la capitale n’est autre que le Racing Metro 92, club montant et surtout richissime [NDLR : 4ème budget] de notre championnat.

Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est la décision du club le 02 Février dernier de se séparer du joueur Sébastien Chabal. L’ancien idole du public français, il est vrai loin de son meilleur niveau, a été prié de prendre la porte du jour au lendemain. La raison de ce chamboulement, un violent désaccord qui aurait opposé l’ancien international à son entraîneur Pierre Berbizier. Résultat, les deux parties ont mis fin à leur collaboration. Quelques jours plus tard, le président du club, Jacky Lorenzetti, expliquera en conférence de presse avoir tranché en faveur de son entraîneur.

Puis, le 09 Février dernier, ce sont 37 joueurs de l’effectif professionnel du Racing Metro 92 qui ont demandé une entrevue à leur président, pour exiger la démission du staff et de l’entraîneur. L’affaire Chabal a donc déclenché un véritable cataclysme au sein du vestiaire parisien.

Le président restera insensible à la requête de ses joueurs. Toutefois, une tête est tombée, et pas des moindres, puisque l’entraîneur des avants, Philippe Berbizier (frère de l’entraîneur),  a remis sa démission qui a d’abord été refusée avant d’être acceptée dans un second temps.

Des salariés qui demandent la tête de leur patron, voilà grossièrement la caricature que l’on peut faire de cette affaire. De quel droit ces sportifs, si célèbres et brillants soient-ils, peuvent-ils se permettre de tels agissements ?

Ce cas est sans précédent dans le milieu du ballon ovale. Et c’est justement cela qui devrait nous amener aujourd’hui à réfléchir sur la situation de ce rugby professionnel, de plus en plus riche et puissant. Où sont donc passées les valeurs fondamentales de ce sport ?

Il aurait été impensable, il y a encore quelques années de cela, que des joueurs mènent une petite révolte afin de réclamer la tête de leur entraîneur. Le rugby était un sport familial, avec de profondes valeurs humaines. Oui mais ça, c’était avant. Aujourd’hui, le rugby tend à se rapprocher du football, entraînant tout un tas de dérives.

Pour preuve, les mots du sélectionneur du XV de France, Phillipe Saint André, à l’issue du dernier match du tournois des six nations. Il avait alors déclaré qu’une génération s’en allait, la dernière génération de rugbymen diplômés, qui ne sont pas tous passés par des centres de formation dès leur plus jeune âge. Maintenant, place à la nouvelle génération.

Une crainte est à soulever : la peur que ce rugby, porteur de si belles valeurs, finisse par se banaliser pour devenir une simple machine à fric, où les joueurs en voudront toujours plus au détriment du terrain.  Un sport où les joueurs seront rois et n’auront comme soucis que leurs salaires et autres primes. Car il faut bien se le dire, l’écart entre le rugby et le football demeure immense, mais le rattrapage est en marche.

La question désormais est la suivante : que faire pour enrayer ce rattrapage ?

Sources : Sud Ouest, Midi Olympique, L’Equipe

Crédits photos : Sud Ouest, Lequipe.fr et Reuteurs

A Propos de l'Auteur

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Passionné par le sport en général mais aussi de politique, il a enfin décidé de quitter son écran télé pour prendre sa plume. Adepte de la critique facile mais constructive, il est également capable de manier l'humour avec habileté.


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