John Carter

Genre: western, science-fiction.

Un film américain de Andrew Stanton avec Taylor Kitsch, Lynn Collins, Willem Dafoe …

Note : 8/10

L’histoire: Vétéran de la guerre de Sécession ayant perdu femme et enfant, John Carter se retrouve mystérieusement propulsé sur Mars. Là bas, il va rencontrer humanoïdes rouges, tharks, singes blancs et autres créatures toutes prises dans les tumultes d’une guerre opposant ses habitants. Carter va devoir choisir son camp.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, John Carter est en passe de devenir l’un des plus gros échecs au box-office de l’histoire des studios Disney. Les chiffres sont atterrants. Le film le plus cher depuis Avatar ne fonctionne qu’en Russie. A l’international, c’est un gouffre financier. Il doit bien y avoir une raison à tout cela …

En l’occurrence, pointons tout de suite du doigt la catastrophique campagne promotionnelle. C’est évident, Disney n’a jamais vraiment cru au potentiel commercial de la dernière œuvre d’Andrew Stanton, pourtant cinéaste oscarisé du très bon Monde de Nemo et surtout du chef-d’œuvre absolu Wall-E. Alors pourquoi avoir dépensé une somme astronomique (on parle de 250 millions de dollars) dans la conception d’un blockbuster au succès aussi incertain ? Tout simplement parce qu’à l’origine de ce projet, la firme aux grandes oreilles pensait pouvoir réitérer l’exploit Avatar et faire de John Carter, adaptation d’un récit vieux de cent ans signé Edgar Rice Burroughs (créateur du mythique Tarzan), un nouveau phénomène de société. Sauf que ça ne marche pas comme ça. Vendu comme une épopée SF anodine, espèce de patchwork des succès cinématographiques les plus récents (de la prélogie Star Wars au space-opera d’Iron Jim, en passant par Cowboys & Aliens et la plupart des comicbooks-movies), l’ambitieuse fresque SF de monsieur Stanton n’intéresse personne … Et surtout pas les ados. Un comble.

Si au lieu de ça, Disney avait mis en avant dans les multiples bande-annonces, le nom de son réalisateur, l’aspect atypique de la première partie du film et la source d’inspiration que le récit de Burroughs a été pour tous les cinéastes du 20ème siècle, peut-être John Carter aurait-il trouvé son public. Mais bien malheureusement, spectateurs dubitatifs que vous êtes aux vues des trailers et affiches, ce sera à ma plume (et pas seulement à la mienne) d’essayer de vous convaincre de vous déplacer en salles ce mois-ci. Parce que John Carter, c’est quand même vachement bien !

Mélange de western et de grand récit de science-fiction, le premier film live d’Andrew Stanton est généreux, riche et spectaculaire. Si le tout souffre quelquefois d’une multitude de sous-intrigues et de personnages secondaires hauts en couleur, mais trop vite éjectés du scénario, il est évident que des fulgurances parcourent également le métrage. On pense à une fabuleuse séquence en particulier. Le héros, seul, affronte toute une bande d’extraterrestres, dans un maelström de sang et de fureur (du pur Frezatta), auquel est superposé un émouvant flashback. On se remémore encore une scène de baiser particulièrement réussie, puisque John Carter semble embrasser sa défunte femme plus que la princesse. Dans un autre passage mémorable, Matai Shang, le grand méchant de l’histoire, explique au héros le destin de Mars (ou plutôt de Barsoom), le mettant en parallèle à celui de la planète Terre. Dans John Carter, on s’amuse, mais on réfléchit aussi.

La bande originale de Michael Giacchino, éblouissante et parsemée de thèmes immédiatement reconnaissables, aide à percevoir cette adaptation comme un vibrant hommage au cinéma pulp à la Flash Gordon et aux fresques d’aventure d’anthologie comme Lawrence d’Arabie. Si le récit est un peu plus enfantin que dans un film de James Cameron, on soulignera tout de même ses grandes qualités et la très intéressante trajectoire que dessinent les personnages.

Pour ce qui est des scènes d’action, impressionnantes, vous serez déçus d’apprendre qu’elles sont assez courtes. Cependant, émotionnellement puissantes, elles ont le mérite de ne jamais jouer la carte de l’excès. D’ailleurs, les acteurs s’en donnent à cœur joie et Taylor Kitsch, dans la peau de Carter, livre une prestation incroyable faisant de lui le digne héritier du Conan de Milius. Le reste du casting n’est pas en manque.

En fait, c’est toute l’équipe qui semble se donner à fond sur cette production sincère et touchante. Des personnages attachants (Woola, sorte de chien de l’espace, le premier), des effets visuels et des maquillages époustouflants, une conversion 3D convaincante, un esprit d’aventure bienvenu et un réalisateur qui y croit dur comme fer, font de ce John Carter une aventure tout à fait excitante, drôle et épique à la fois. Bien sûr qu’on en redemande.  Rappelons qu’il existe onze ouvrages et que cette adaptation cinématographique ne devait être qu’une introduction à ces péripéties martiennes.

Mais il semble être trop tard pour espérer une suite.

Crédits photos: Rotten tomatoes (ici, ici et )  et sallesobscures.

A Propos de l'Auteur

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Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


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