Evènement blu-ray – Black Narcissus

Genre : Drame

Un film britannique de Michael Powell et Emeric Pressburger avec Deborah Kerr, Kathleen Byron, David Farrar … , sorti en 1947.

Film : 10/10

Technique : 9/10

Bonus : 7/10

L’histoire : Un général indien offre à une congrégation de nonnes la possibilité d’établir un dispensaire dans un ancien harem, à Mopu. Très vite, la beauté des lieux trouble les sœurs …

Déjà sorti en DVD en France en 2006 (Collection Institut Lumière) puis en Blu-Ray en Angleterre en 2008 (ITV) et aux Etats Unis en 2010 (Criterion), Black Narcissus nous revient chez nous par le biais de Carlotta. L’éditeur est apparemment décidé à proposer en HD les plus célèbres travaux du duo Powell/Pressburger, comme nous le confirme la récente galette du monumental The Red Shoes (1948) et l’arrivée, d’ici la fin de l’année, du non moins cultissime The Life and Death of Colonel Blimp (1943).

Réalisé seulement un an avant leur plus grand chef-d’œuvre, Black Narcissus surprend. Pour qui le découvrira aujourd’hui, le choc sera terrible. N’ayant rien perdu de sa puissance, le film fait preuve d’une richesse infinie, d’une beauté insurpassable et d’un avant-gardisme réjouissant. Tourné en technicolor et en studio, ce drame, aux accents de récit fantastique et d’épouvante, fait montre d’une force picturale tout simplement divine. Presque jamais nous ne doutons de l’existence de ces décors montagneux (de la peinture sur verre, bien sûr), ou de ces temples à la représentation poétique. De surcroit, le travail de Jack Cardiff à la photographie, d’abord assez traditionnel, mais ensuite extrême dans la façon de présenter les couleurs, participe grandement à cette réussite esthétique totale, à la limite de l’expressionnisme.

Le film raconte l’histoire de nonnes qui, dans un climat exotique et plus particulièrement dans un temple fantomatique, se détournent de leur foi, jusqu’à, pour l’une d’entre elles, la renier. Souvenirs, tensions sensuelles, désirs de femme refont surface et bouleversent leur quotidien. La mission de la jeune sœur Clodagh (extraordinaire Deborah Kerr) se transforme ainsi en véritable enfer, là où le film devient un spectacle musical et visuel percutant et terrorisant. A ce titre, le final de ce sommet du cinéma de sensations reste tout simplement l’un des moments les plus fascinants qu’ait proposé le cinéma classique.

Vous l’aurez compris, Black Narcissus est un film parfait, une réussite inestimable, qu’il est indispensable de redécouvrir en blu-ray dans cette nouvelle édition quasi irréprochable techniquement. En sus d’un master époustouflant, net et précis (on pourrait croire que les couleurs sortent de l’écran), et de bandes sons remplissant leur contrat, les gens de Carlotta nous proposent quelques bonus particulièrement enrichissants. Si le documentaire rétrospectif sur la production, parsemé de témoignages, se regarde sans déplaisir, mais n’apprend pas grand chose, l’entretien exclusif avec le directeur de la photographie, Darius Khondji (Seven, Minuit à Paris), devrait titiller la curiosité de plus d’un d’entre vous. Son analyse du film laisse vite place, pour notre plus grand plaisir, à une longue déclaration d’amour au technicolor, dont il essaye de retrouver le rendu avec les procédés numériques.

Une bande-annonce et une galerie de photos viennent clore cette très belle édition, qui, si elle n’est pas non plus complète au point de devenir un modèle de contenu documentaire, laisse présager le meilleur pour la ressortie du Colonel Blimp. Si vous n’avez jamais vu Black Narcissus, n’attendez plus, c’est le moment.

Crédits photos :  DVDclassik.com

Pour plus d’informations, nous ne saurions que trop vous conseiller la riche analyse de nos confrères de DVDclassik disponible ici.

A Propos de l'Auteur

FreedentWhite a publié 154 articles sur ce site.

Depuis son plus jeune âge, FreedentWhite développe une passion sans bornes pour le Septième Art. Par dessus tout, il aime Powell, Pressburger, Argento, Malick, Burton et Jodorowsky. Si certains croient qu'il a une dent contre Luc Besson – tout particulièrement lui –, il dévore pourtant tous les types de cinéma ; qu'ils soient d'auteur ou de divertissement (ou les deux). Avant tout, il aime les bons films.


Un commentaire

  1. Sparrow59
    Posted 13 mars 2012 at 7 h 54 min | Permalink

    Cette critique me donne envie de voir ce film! Vite, je vais aller l’acheter 🙂

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