Quand la chine devient modèle de démocratie

La semaine dernière, les habitants de Wukan, petite ville du sud de la Chine, ont voté pour la première fois lors d’un scrutin municipal exceptionnel pour un pays à parti unique. Les habitants avaient le mois dernier chassé les dirigeants locaux, qui avaient saisi leurs terres pour les vendre à des promoteurs. Le puissant gouvernement chinois avait alors consenti à quelques concessions, en proposant par exemple aux habitants de voter afin d’élire leur prochain représentant, qui est de fait devenu le chef du parti communiste de la ville.

L’histoire peut paraitre anecdotique, mais comparer cette petite actualité chinoise avec ce qu’il se passe en occident, permet de nous questionner sur deux des problèmes majeurs que connait l’occident actuellement : la gestion de l’alternance démocratique et la ferveur démocratique.

La gestion de l’alternance démocratique

Une fois n’est pas coutume, nous emploierons ici le terme occident afin de parler de l’Europe et des pays d’Afrique du nord, en contraste avec le grand orient asiatique.

Ces deux grandes aires culturelles ont une philosophie très différente et nous oublions trop souvent qu’il peut être aussi, voire plus intéressant, de prendre exemple sur les grands penseurs Chinois, tels Confucius, que sur Aristote et Descartes. Aussi, il est important de rappeler que, bien que la Chine ne soit pas une démocratie, le gouvernement fait quotidiennement beaucoup pour améliorer les conditions de vie de son peuple : l’éducation progresse continuellement et de nombreuses universités ont maintenant une stature internationale, des millions de chinois sortent chaque année de la pauvreté et le gouvernement a pour objectif de proposer à toute sa population une assurance maladie d’ici à 2020.

De plus, le régime, tel qu’il a évolué, s’apparente aujourd’hui plus à une oligarchie qu’à une monocratie. Le culte de la personnalité est quasi inexistant depuis Mao et le recrutement des futurs dirigeants se fait par un repérage des étudiants chinois les plus prometteurs (cela ressemble grandement au système promu par Platon dans La République). Il est vrai que le parti communiste mène son pays d’une main de fer, mais, si l’on regarde d’une façon constructive le modèle de réussite chinois, il est clair que cette oligarchie socialiste a su mener, grâce à l’excellence de son élite et au volontarisme de son peuple, l’empire du milieu vers la renaissance.

Cette qualité des élites dirigeantes chinoises est aujourd’hui l’une des principales raisons de la relative stabilité politique de pays. Lorsque de nombreux autocrates occidentaux, appelés au pouvoir par les foules, s’accrochent à ce dernier d’une manière irrationnelle, sans aucune préoccupation pour le futur de leur nation (comme le prouvent les mouvements arabes et le malaise provoqué par la réélection de Vladimir Poutine dimanche dernier), les gouvernements chinois s’attachent à la sauvegarde du contrat social qu’ils ont passé avec leur nation. Ainsi, ils justifient leur présence au pouvoir par leur action tournée vers le bien de la nation entière.

L’élection de Wukan est un bon exemple de sagesse gouvernementale : si tous les gouvernements occidentaux soutenaient leurs peuples plutôt que des dirigeants véreux, peut-être que la confiance en l’avenir de nos peuples en sortirait gagnante ?

La ferveur démocratique

Voilà qui nous mène à notre deuxième point. Quand on compare l’engagement des habitants de Wukan pour la chose publique à l’engouement pour les présidentielles de notre pays, on se demande quelle nation est la plus éloignée de la démocratie.

Comment peut-il y avoir démocratie sans le peuple ? C’est une question à laquelle il n’y a malheureusement aucune réponse.

Si ni Sarkozy ni Hollande ne plaisent à la majorité de la population, mais que cette majorité ne fait pas l’effort de regarder ailleurs pour savoir qui élire, alors ce ne sera pas le peuple qui aura décidé de la politique à mener en France, mais un espèce de mythe mystique, composé d’une pincée de sondages, de quelques doses de phrases chocs et de deux gousses de haine.

Cette résignation à la passivité ne fait pas un grand pays et il est plus prestigieux en ce jour d’être un chinois de Wukan qu’un français moyen, effrayé par les chinois qui lui volent son emploi et prêt à voter pour n’importe qui (si toutefois il vote), tant que cette action ne lui demande pas trop d’effort intellectuel.

De multiples choix de sociétés diverses nous sont pourtant proposés, par des candidats qui font des pieds et des mains pour réveiller notre nation assoupie. Alors chers citoyens, réveillez-vous et soyez dignes de la patrie des droits de l’homme !

De multiples candidats ont des propositions révolutionnaires et méritent d’avoir une place dans votre réflexion.

Qui de Nicolas Dupont Aignan, le gauliste nationnaliste, de Jean Marc Governatori, l’autre écologiste, de François Bayrou, l’humaniste, de Patrick deVillenoisy, le royaliste, de Mélenchon, le vrai socialiste ou même de Dédé l’abeille, vous propose une France qui vous ressemble ?

Comparez et choisissez ! Qui sait si avoir un butineur comme président ne serait pas mieux que d’avoir un communicant sans idées, soutenu par un système qui s’effondre ?

Sources : hebdo.ch,  lemonde.fr (ici et ), et mariane2.fr

Crédits photos : lemonde.fr, lanouvellerepublique.fr, teleprogramme.com et french.china.org

A Propos de l'Auteur

thibault linte a publié 87 articles sur ce site.

Passionné de cinéma et de politique, cet illustre souverain de la myrtille a décidé de quitter les plaines verdoyantes de son enfance, pour parcourir le monde à la recherche de la connaissance suprême. En attendant de la trouver, il vous livre ici ses pensées sur un monde qu’il aimerait tant révolutionner. Sinon, Thibault dénigre les bobos, bien que son livre de chevet soit Cioran près du catalogue IKEA.


Un commentaire

  1. Mister V.
    Posted 9 mars 2012 at 11 h 00 min | Permalink

    Approuvé par Marie-George Buffet !

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