Quand les petits font place aux grands

Chaque quinquennat passant, le nombre de candidats et de partis politiques représentés aux élections présidentielles tend à se réduire, toujours au profit de l’UMP et du PS. Durant ces deux dernières semaines de campagne, nous avons pu assister à trois désistements, servant allègrement les intérêts du président sortant. En effet, même avec des intentions de vote proches de zéro dans tous les sondages, les ralliements de Christine Boutin (parti Chrétien-démocrate), Hervé Morin (Nouveau centre) et Frédéric Nihous (Chasse, pêche, nature, et traditions) à Nicolas Sarkozy ne sont pas sans conséquences sur l’avenir des élections et encore moins sur le dessin du paysage politique français.

Tout d’abord, il convient de dire que ces trois ralliements renforcent considérablement la position du président-candidat comme rival le plus sérieux de François Hollande, en rassurant trois électorats bien différents : une France catholique et humaniste, qui avait notamment été choquée par les propos du président sur les roms lors de son discours à Grenoble, une France effrayée par les récents virages très à droite du président et enfin une France rurale, celle des territoires, celle qui se lève de bon matin.

On observe là le même effet que celui des ralliements de Valls, Royal et Baylet à François Hollande lors de la primaire socialiste, influençant de manière extrêmement positive la candidature de ce dernier au second tour.

Mais ce renforcement soudain de la candidature de Sarkozy, aux dépends des petits partis, incapables de réunir les 500 signatures nécessaires à l’officialisation de leur candidature, pose aussi le problème évident d’une consolidation de la bipolarisation de la politique française, bien loin des intérêts de sa population.

En effet, il faut voir, derrière ses évènements, une saturation de la politique française, ne laissant pas de place aux idées nouvelles, ou devrais-je dire aux idées tout court. Les déçus de Sarkozy s’engouffrent dans la brèche Le Pen ou se retrouvent dans la personnalité de Bayrou, quand les divers idéalistes de gauche, des communistes aux verts, finissent toujours par rallier les rangs du PS, plus commode et à même de battre la droite. Deux favoris cumulent 60% des intentions de vote, suivis de trois « 3ème homme » (Le Pen, Bayrou et Mélanchon), engloutissant ainsi l’ensemble de ces denrières.

Cet effet pervers et ce renfort d’un clivage « gauche molle, droite molle », nous l’observons sans réagir depuis 2002, où le résultat du second a créé le « vote utile ». Et il n’est pas de plus grand drame en politique que le vote utile, qui petit à petit tue les programmes, les idées et les concepts, et abrutit considérablement une population déjà peu informée !

Malheureusement, les grands candidats font désormais pression sur les petits et plus encore à gauche, où l’on établit des accords avant même le premier tour, piétinant les idées des uns et des autres, et encourageant considérablement le « vote utile » et son anti-sarkozysme bête et méchant.

Je lance donc ici un appel au peuple français ! Comment pouvez-vous tolérer le « vote utile », qui ne sert en rien vos intérêts, réduisant le débat d’idées politiques à une guéguerre d’enfants ? Comment pouvez-vous tolérer que l’on moque les petits, alors qu’au fond, ils nous représentent aussi ?

La démocratie et la politique se meurent et continueront d’emprunter ce chemin si personne ne réagit face à cette bipolarisation de notre paysage politique. J’ai mal quand je vois que le bas peuple est bien le premier à le cautionner …

Crédits photos : LeFigaro.fr, Marianne2.fr et Agoravox.fr

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