Bayrou : mieux séduire pour mieux conquérir.

Pour sa 3ème campagne présidentielle depuis ses débuts en 2002, le président du MODEM pourrait être un trouble-fête, voire un cauchemar pour certains. D’années en années, le candidat centriste peine à trouver sa place. Même s’il faut l’avouer, en 2007, avec ses 18,57%, il n’était pas loin du Saint Graal : le deuxième tour. Est venue ensuite une longue traversée du désert pour l’indépendant qu’il se dit être. En effet, l’erreur est survenue après son élimination, lorsqu’il n’a pas voulu faire de choix entre le duo Sarko/Ségo. Ce fût pour lui comme proposer à un enfant de 5 ans un plat d’épinard ou d’endives au jambon ; il va préférer retourner au sein de sa mère.

Bien mal lui en a pris sur le moment, mais peut-être est-ce au final ce choix qu’il n’a pas voulu faire à l’époque, qui le met aujourd’hui dans cette position de challenger ambitieux à fort potentiel de croissance.

Car oui, il l’a dit sur Europe 1 ce Dimanche 29 Janvier, il se voit bien au second tour face à François Hollande, et se dit « conscient que les français choisirons l’alternance que je propose et qui leur permettra de tourner la page ! » Prétention ? Non, stratégie.

Si le candidat Bayrou veut être au second tour, c’est à droite qu’il va falloir attirer les électeurs et il l’a bien compris. C’est vrai, pourquoi perdre son temps avec l’électorat socialiste, qui, à ma grande surprise, semble pour une fois se consolider autour d’une seule et même voix.

Alors qu’à droite, ça chauffe ! Le candidat Sarkozy traîne à démarrer officiellement sa campagne, les reformes de dernières minutes ne trompent personne et lui-même évoque la possibilité de sa défaite. Il convient que cette dernière confession est à prendre avec du recul ; on le connait roi de la communication, alors sincérité ou manipulation, je vous laisse juge.

La stratégie commence alors à se laisser paraître. Le ralliement d’anciens de l’UMP comme, par exemple, Philippe Douste-Blazy renforce la crédibilité du candidat. Bientôt, j’en suis sûr, Rama Yade, vice-présidente du parti radical rejoindra le mouvement. Elle se confie au « Parisien » et dit avoir « des points communs » avec Monsieur Bayrou. Qu’elle se rassure, c’est bien à droite qu’il se place.

À gauche, le discours de François Hollande était le moment d’attaquer pour l’autre François. Pas à coup de poignard, non, pas encore, mais juste un petit coup dans le ventre, celui qui coupe un peu la respiration.

Cette attaque se matérialise alors sur  les « 60 mesures » du candidat socialiste au Salon du Bourget, où F. Bayrou les juge parfois « dangereuses » et revendique son « désaccord ».

Maladroitement, la droite voudrait le récupérer en lui donnant un certain soutien, déclarant qu’il ne trouvera pas de candidat contre lui aux législatives en juin prochain.

C’est sûrement bien trop tard pour tenter ce genre de manœuvres, tant le président du Modem croit en ses chances de victoire.

Si dans les jours qui viennent, l’homme indépendant qu’il se dit être continue de tacler François Hollande sur son programme, Sarkozy sur son côté bling-bling, tout en ramenant l’ancien presque premier ministre J-L Borloo, alors là, il a de grandes chances d’être au second tour, notamment grâce aux déçus du « sarkozisme ». S’il est au second tour, je veux bien parier mon billet qu’il sera le nouveau Président de la République, avec bon nombre de ministres de droite !

Sources : le Parisien et le Figaro.

Crédit photo : l’Express

A Propos de l'Auteur

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Pas d'orientation politique particulière. Très ouvert sur le monde qui m’entoure et les personnages qui en écrivent les grandes lignes.


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