Pour un nouveau financement des dépenses sociales

La réforme fiscale est le grand thème de ce début de campagne. TVA sociale, barrières douanières, impôt européen, nouvelle tranche de l’impôt sur le revenu, … Les propositions fusent de toutes parts et il est très difficile de se faire une opinion sur chacun de ces impôts, sans se plonger corps et âme dans les méandres de l’économie. Pour ce premier article consacré à l’impôt, je vous propose de nous arrêter sur la TVA sociale, le sujet chaud du moment.

Priorité de Nicolas Sarkozy, la TVA sociale est devenue la proposition à abattre pour une grande majorité de l’opposition.

Qu’est ce que la TVA sociale ?

Pour faire simple, le principe de cette taxe est d’augmenter la TVA et de baisser les cotisations sociales. Ainsi, le coût de certaines prestations sociales ne serait plus à la charge des entreprises mais des consommateurs.

Quels sont ses avantages ?

Le principal avantage de cette taxe est d’alléger les charges pesant sur la production locale. Ainsi, les coûts de production dans l’hexagone baisseront, alors que les prix des importations augmenteront.

Faire peser les charges sur la consommation permet donc d’alléger les charges salariales des entreprises, mais aussi de faire en sorte que le coût de la sécurité sociale ne soit pas à la charge des seules entreprises basées en France, mais partagé entre toutes les entreprises vendant en France.

Quels sont ses inconvénients ?

La TVA sociale est critiquée à gauche alors qu’elle répond à un besoin crucial de notre pays. Pourquoi ?

Principalement, parce que cette taxe touchera tout les ménages sans distinction de revenu. Un de mes professeurs de droit fiscal disait : « qu’il y a des impôts de droite et des impôts de gauche ». Force est de constater que la TVA sociale est un impôt de droite, un impôt qui va fragiliser le pouvoir d’achat des classes moyennes (car tout les produits de consommation courante produits hors de France vont se retrouver plus chers, alors que les salaires n’augmenterons pas). Cette première critique est cependant à relativiser, bien que tout le monde soit dans un premier temps touché par la mesure, le gain de compétitivité gagné par la France devrait permettre la relocalisation de beaucoup d’emplois sur le long terme (l’Allemagne, le Danemark et la Suède utilisent déjà ce principe d’imposition, ces deux derniers pays étant pourtant plus connus pour leur socialisme que leur libéralisme à tout va).

Cette perte de pouvoir d’achat des ménages, en ce qui concerne les produits de première nécessité, constitue le principal argument contre la mesure. Et pour cause, les inégalités dans la société française ne cessent de croitre sans que le gouvernement ne puisse rien y faire.

A ce problème, je voudrais demander au gouvernement pourquoi il tente toujours de s’inspirer de ses voisins, lorsque d’ingénieux et simples systèmes sont trouvés dans les nouvelles grandes démocraties de notre monde. La politique sociale et révolutionnaire du président Lula (NDLR : ancien président du Brésil) pourrait, par exemple, servir de socle aux partis de gauche, pour proposer une nouvelle forme de TVA sociale plus équitable. Au Brésil, les produits de luxe jouissent d’un taux de TVA supérieur au taux normal. Ajouter un nouveau taux relevé pour tous les produits « accessoires » ne serait-il pas, dans ce cas, un bon moyen de ramener un peu de progressivité dans cet impôt fondamentalement linéaire ?

Des voix minoritaires commencent à proposer cette solution ; combien de temps cela prendra-t-il pour qu’un grand candidat ait le courage de proposer cette taxe, qui ferait enrager les gros revenus, mais qu’ils ne pourraient éviter ?

Bref ! Quand toi aussi tu seras président, n’oublie pas :

  1. Si les entreprises fuient ton pays, c’est qu’il y a une raison et il est préférable de prendre quelques risques et rapidement, sous peine de ne pas être réélu.
  2. Quand tu choisi ton impôt, fait toujours en sorte qu’il soit juste. N’essaye pas trop de contenter les gros revenus. De un, ils ne seront jamais contents et de deux, si ils partent, ça sera ça en moins de petites racailles, qui ne méritent pas d’être français.
  3. Ce n’est pas parce qu’une idée vient d’un pays émergent qu’elle est mauvaise. Les idées viennent de là, où les vifs d’esprits habitent. A ce sujet, fait toujours en sorte que tes concitoyens aient l’esprit vif. De nos jours, c’est l’esprit qui crée la richesse, pas le cerveau.
  4. Ne pense pas impôt et réélection en même temps, tu risques de te mélanger les pinceaux.
Thibault Linte
Crédits photos : ici et

A Propos de l'Auteur

thibault linte a publié 87 articles sur ce site.

Passionné de cinéma et de politique, cet illustre souverain de la myrtille a décidé de quitter les plaines verdoyantes de son enfance, pour parcourir le monde à la recherche de la connaissance suprême. En attendant de la trouver, il vous livre ici ses pensées sur un monde qu’il aimerait tant révolutionner. Sinon, Thibault dénigre les bobos, bien que son livre de chevet soit Cioran près du catalogue IKEA.


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