Time Out (In Time)

Genre : science-fiction, action

Note: 7/10

Ce film reste dans la lignée de son réalisateur – après Bienvenu à Gattaca et Lord of War – Andrew Niccol utilise encore un monde futuriste, épuré, en critiquant avidement la société.

Bienvenue dans un monde où le temps a remplacé l’argent. Génétiquement modifiés, les humains arrêtent de vieillir à l’âge de 25 ans. Mais à partir de cet âge, il leur faut « gagner du temps » pour vivre. Tout se monnaie grâce au temps, le prix d’un café est de « 5 min. », le bus coûte « 30 min. », les salaires aussi sont payés avec du temps, … Sur le bras se trouve un compteur qui indique le nombre de secondes, de minutes, d’heures, de jours, d’années ou bien même de siècles qu’il nous reste à vivre. Vous avez pu le comprendre, les riches peuvent vivre éternellement quand les autres se battent chaque jour pour gagner 1h de plus. Lorsque notre compteur atteint 0, on meurt en un dixième de seconde.

Dans cette atmosphère sombre et sordide, Justin Timberlake (jeune homme du ghetto) et Amanda Seyfried (fille de milliardaire) forment un couple intrigant et attirant, en perpétuelle course temps.

Le grand concept du film est bien sûr la transformation du temps en argent, dans un monde où chacun cherche à atteindre un idéal de perfection : la jeunesse éternelle. Avec en arrière plan une critique des sociétés occidentales, le tout se transforme en un concept puissant et il fallait y penser ! Toutes les grandes problématiques de ces sociétés se trouvent ainsi fusionnées : temps, argent, jeunesse, beauté, immortalité, pouvoir, richesse, pauvreté, … et au dessus de tout cela, notre société de consommation.

Dans ce monde manichéen et binaire, l’intrigue est habillement posée. La douleur des personnages, la différence entre les « deux mondes »… Cependant, le film évolue très vite vers la romance, laissant à l’abandon son coté « critique de nos sociétés contemporaines ». Le personnage principal, un quasi intouchable et son amie, fille de l’un des grands de ce monde atroce, se mettent à voler le temps des riches, à braquer les banques et à redistribuer le temps en vrais robins des bois du futur.

Qu’il s’agisse de la machine à remonter le temps de H. G. Wells ou du thème classique de la fuite du temps, les hommes semblent s’être toujours attachés à vouloir conjurer ou annuler les effets d’un temps, dont l’irréversibilité même suscite l’angoisse d’une fin prochaine. Cette angoisse, omniprésente dans notre société aujourd’hui, est très bien retranscrite ici ; dommage qu’elle disparaisse ensuite pour laisser apparaître un médiocre Bonnie & Clyde (les deux protagonistes deviennent amants et braquent des banques) et un piètre Robin des Bois (redistribution du temps). C’était une fin classique, attendue, un chemin plutôt facile pour le réalisateur qu’est Andrew Niccol.

Mais ne désespérons pas, Mr. Niccol sera sûrement capable de remonter la pente. Laissons seulement à ce génie un peu … de temps !

Crédits photos : Oblikon.com et Nouvellelune.fr

A Propos de l'Auteur

thibault linte a publié 87 articles sur ce site.

Passionné de cinéma et de politique, cet illustre souverain de la myrtille a décidé de quitter les plaines verdoyantes de son enfance, pour parcourir le monde à la recherche de la connaissance suprême. En attendant de la trouver, il vous livre ici ses pensées sur un monde qu’il aimerait tant révolutionner. Sinon, Thibault dénigre les bobos, bien que son livre de chevet soit Cioran près du catalogue IKEA.


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